La Direction nationale de contrôle, de paie et de gestion des enseignants (DINACOPE) poursuit l’assainissement du fichier de paie dans le secteur de l’éducation. Depuis le lancement des opérations en février dernier, plusieurs anomalies salariales ont été corrigées et des mesures ont été prises pour sécuriser la paie des enseignants.
Lors d’un point de presse tenu mercredi 12 août 2026 dans son cabinet de travail, le directeur national de la DINACOPE, Vital Lumbala Kadiata, a présenté les résultats des opérations menées par son administration.
Selon les chiffres communiqués, 23 675 enseignants sous-payés ont été régularisés, tandis que 621 nouveaux bénéficiaires ont été intégrés au paiement de la prime de gratuité.
Cette opération vise notamment à corriger les disparités constatées dans la rémunération et à améliorer la prise en charge des enseignants concernés par la politique de gratuité de l’enseignement.
Autre mesure annoncée : la suppression de la retenue indue de 20 000 francs congolais appliquée à certains enseignants. Cette décision devrait permettre aux bénéficiaires de percevoir l’intégralité des montants auxquels ils ont droit et contribuer à renforcer la transparence du système de rémunération.
Plus de 471 millions de francs congolais économisés
L’assainissement du fichier de paie ne s’est toutefois pas limité à la régularisation des salaires. Les contrôles effectués ont également permis de réduire les dépenses liées aux anomalies et aux inscriptions irrégulières.
La DINACOPE fait ainsi état de plus de 471 millions de francs congolais d’économies réalisées grâce aux opérations de contrôle.
Dans le même cadre, 148 agents administratifs frauduleusement intégrés au fichier de paie ont été désactivés. Une mesure qui traduit la volonté de l’administration de lutter contre les inscriptions irrégulières et les paiements indus qui occasionnent des pertes pour les finances publiques.
Dans un secteur qui mobilise d’importantes ressources budgétaires, la maîtrise du fichier de paie constitue donc un enjeu à la fois social et financier. Elle doit permettre de mieux orienter les crédits publics vers les bénéficiaires effectivement éligibles.
Cinq axes pour sécuriser la paie
La réforme présentée par la DINACOPE repose sur cinq axes : « assainir, contrôler, digitaliser, sécuriser et payer correctement ».
L’objectif est de passer d’un système essentiellement correctif à un dispositif davantage préventif, capable de détecter les anomalies, de fiabiliser les données des agents et de garantir une meilleure traçabilité des opérations de paie.
Dans cette stratégie, la digitalisation occupe une place centrale. Elle doit contribuer à fiabiliser les données, à limiter les manipulations frauduleuses et à faciliter les contrôles croisés entre les différents fichiers administratifs.
Au-delà des économies réalisées, l’enjeu est donc de mettre en place un système de rémunération plus fiable et plus transparent.
Pour la DINACOPE, la régularisation des enseignants sous-payés doit aller de pair avec la suppression des bénéficiaires irréguliers afin de garantir que les ressources consacrées à la paie profitent effectivement aux destinataires légitimes.
La poursuite de cette réforme devrait ainsi contribuer à consolider la crédibilité du système de paie des enseignants et à améliorer l’efficacité de la dépense publique dans le secteur éducatif.
Le directeur national a également évoqué l’amélioration des moyens techniques et logistiques de la DINACOPE, tout en réaffirmant la détermination de son administration à poursuivre les efforts en faveur de l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des enseignants.
Yves BOONGO