La Conférence des ministres provinciaux en charge de l’Éducation s’est achevée le week-end dernier à Kinshasa par un appel à l’action. Pendant deux jours, la Ministre d’État, Raïssa Malu Dinanga, a exhorté les responsables provinciaux à donner une suite concrète aux recommandations, alors que la rentrée 2026-2027, voulue inclusive et apaisée, est fixée au mardi 1er septembre.
Organisée autour du thème « Une gouvernance éducative plus efficace : clarifier les responsabilités, célébrer les réformes, réussir la rentrée », la rencontre a réuni les ministres provinciaux pour examiner les défis du système éducatif et renforcer la coordination entre le niveau central et les 26 provinces. Les échanges ont porté sur l’évaluation de l’année écoulée, la préparation de la rentrée et les mécanismes de gouvernance.

La clarification des responsabilités, les circuits administratifs et financiers, ainsi que le suivi des réformes ont constitué des axes majeurs. « L’essentiel est maintenant que les situations identifiées ne restent pas sans suite », a insisté Raïssa Malu dans son mot de clôture.
La situation des enseignants a occupé une place centrale : paie, affectations, mécanisation, assainissement du fichier, infrastructures et retraite. La ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les efforts : « Certaines améliorations ne nécessitent pas toujours des moyens nouveaux. Une meilleure organisation ou une solution déjà éprouvée ailleurs peut faire une réelle différence. »
Les bonnes pratiques présentées par les provinces devront désormais être partagées et valorisées. « Nous poursuivrons le travail engagé sur la mécanisation, la paie, l’assainissement du fichier et la retraite. Dans les provinces, les initiatives peuvent contribuer à améliorer l’environnement de travail des enseignants », a-t-elle ajouté.
À quelques jours de la rentrée, Raïssa Malu a appelé à maintenir le dialogue et à lever les obstacles susceptibles de compromettre la reprise effective des cours. Elle a insisté sur le rôle de proximité des autorités provinciales auprès des enseignants et des parents : « Nous souhaitons tous que, le mardi 1er septembre, les enseignants soient à leur poste et que les élèves retrouvent leurs classes. Chaque journée d’apprentissage compte pour nos enfants. »
Au terme des travaux, plusieurs outils ont été retenus : une matrice des responsabilités, un tableau des engagements par province, une liste des réformes prioritaires et une feuille de route commune. Les sessions prospectives ont mis l’accent sur la consolidation de la gratuité, l’amélioration de la qualité, la réforme de la gouvernance, la rationalisation des effectifs, la mise à la retraite, la mécanisation, l’assainissement du fichier de paie, l’amélioration des infrastructures et la sécurisation du patrimoine scolaire.
S’y ajoutent la digitalisation de la gestion, le développement des cantines scolaires, l’éducation en situation d’urgence, la gouvernance des évaluations certificatives et la recherche d’un financement durable.
La ministre a fixé un critère clair : juger les progrès à l’aune de leur impact sur le quotidien des enseignants, des élèves et sur la qualité des apprentissages. « Les recommandations doivent entrer davantage dans les classes. C’est à leurs effets sur les enseignants, les élèves et les apprentissages que nous mesurerons nos progrès », a-t-elle affirmé, rappelant que cette vision s’inscrit dans les orientations du Président Félix-Antoine Tshisekedi.
Ces assises, tenues en marge de la Revue annuelle des performances du sous-secteur de l’Éducation nationale, traduisent la volonté du gouvernement de renforcer la coordination entre le niveau central et les provinces pour assurer une rentrée apaisée et inclusive.
La réussite de cette rentrée constituera le premier test concret de la capacité des différents niveaux de gouvernance à transformer les engagements en résultats visibles dans les écoles.
Yves BOONGO