Quelques heures après une annonce fracassante visant la destitution de Modeste Bahati Lukwebo à la tête du parti, le Secrétariat général de l’AFDC est sorti de son silence pour recadrer et contester la légitimité de cette démarche.
Dans un communiqué officiel daté du 25 mars 2026, signé par le secrétaire général Guy-Richard Mayongo, le parti dit constater « avec regret des prises de position et des déclarations émanant d’un poignet d’individus se réclamant abusivement fondateurs » de la formation politique.
Le document insiste sur la légitimité des seules instances reconnues du parti, rappelant que « seules les instances régulièrement constituées et les responsables dûment mandatés sont habilités à engager le Parti, à s’exprimer en son nom et à définir sa ligne politique ». Toute initiative contraire est qualifiée de « violation flagrante » des textes fondamentaux.
Dans la foulée, le Secrétariat général tranche : « les actes posés par ces individus … n’engagent en rien le Parti AFDC ». Il annonce également que le collège des avocats est instruit « d’engager des poursuites judiciaires contre ces individus ».
Un appel à la discipline interne est lancé aux militants, invités à « la vigilance, à la discipline et au respect strict des statuts et règlements du Parti », dans un contexte marqué par des tensions internes exacerbées.
Le communiqué réaffirme également l’ancrage politique de l’AFDC-A, qui dit poursuivre sa mission « derrière le Chef de l’État Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo », tout en reconnaissant Modeste Bahati Lukwebo comme « Président National Statutaire et Autorité Morale ».
Cette réaction intervient alors qu’un peu plus tôt dans la journée, des cadres du parti réunis en conférence de presse à Kinshasa avaient annoncé la destitution de Bahati Lukwebo, évoquant notamment une gouvernance jugée opaque, un manque de concertation et des prises de position unilatérales. La désignation d’Otto Bahizi comme coordonnateur de la transition visait, selon eux, à stabiliser la formation politique et préparer un congrès décisif.
Entre déclarations contradictoires et menace de poursuites judiciaires, la crise au sein de l’AFDC-A s’installe désormais au grand jour, laissant entrevoir un bras de fer interne dont l’issue reste incertaine.
Osée MABIALA