Héritier d’un nom chargé de spiritualité et de combat, Diangenda Kututukidi Marthorel, dernier fils de Diangenda Kuntima Joseph et petit-fils du Prophète Simon Kimbangu, s’impose aujourd’hui comme une voix singulière dans le paysage politique congolais. Figure religieuse respectée, il franchit désormais un cap décisif: celui de faire dialoguer foi et gouvernance. À la tête d’un parti politique baptisé « Défi Kongo », il propose une vision audacieuse pour la République démocratique du Congo, fondée sur les valeurs du Kintuadisme.
Diangenda Marthorel a décidé de littéralement déchirer le rideau virtuel qui sépare la religion de la politique. À travers « Défi Kongo », il ambitionne de faire de la spiritualité kimbanguiste une boussole pour la gestion de l’État.
Un défi? Le mot devrait d’ailleurs être au pluriel tant les obstacles sont nombreux. Premier défi: cette formation politique envisage pour la RDC une théocratie, c’est-à-dire un État religieux, fondé sur le « Kintuadisme politique », une doctrine inspirée des enseignements et préceptes de Simon Kimbangu.
Voilà qui pourrait surprendre, voire choquer plus d’un, quand bien même tout Congolais a le droit d’avoir ses convictions et de lutter par des moyens constitutionnels pour accéder au pouvoir. Le deuxième défi de cette plateforme politico-religieuse est la division au sein des Kimbanguistes eux-mêmes. La Grande Église de Jésus-Christ sur Terre par son Envoyé Simon Kimbangu est aujourd’hui fragmentée, notamment entre le Centre d’accueil de Saïo et celui de Monkoto. À cela s’ajoutent d’autres mouvements kimbanguistes tels que les Ngunza, les Vuvamu, etc.
Le samedi dernier, à la faveur d’une grande matinée d’éveil de conscience, Diangenda Marthorel a rappelé aux uns et aux autres une vérité plutôt simple: « au-delà de nos différences, nous parlons tous de Simon Kimbangu ». Pour lui, il n’y a qu’une seule priorité: « Nous devons nous réconcilier avec Simon Kimbangu, il est notre dénominateur commun ».
D’un ton posé, Diangenda Marthorel place sa démarche dans une orbite plus élevée que la simple recherche du pouvoir. « Mon souci c’est de perpétuer l’héritage de Papa Simon Kimbangu ».
Loin de verser dans la démagogie, il a précisé: « Je ne vous dirai pas que Papa Simon Kimbangu m’est apparu dans une vision. Il est trop grand pour que moi je le voie ». Son but est limpide. Diangenda Marthorel entend installer, avec le temps, une civilisation kimbanguiste. « C’est sur base des enseignements de Simon Kimbangu et de ses fils que j’ai pris cette initiative », a-t-il martelé.
Un autre défi qui se dresse devant lui est, pour commencer, celui de la prise de conscience de tous ceux qui croient en Simon Kimbangu. Dans cette optique, Diangenda Marthorel a associé à sa démarche d’autres personnalités religieuses des Églises autochtones, dont Papa Nkusu, Papa Samuel Masambukidi et Papa Menga Menga. Présents à la séance d’éveil de conscience, ces derniers ont appelé leurs fidèles et les partisans du parti Défi Kongo à prêcher par l’exemple, en vivant et en travaillant dans le respect des enseignements de Simon Kimbangu, et surtout dans l’unité.
Dans un pays meurtri par le vol, l’occupation, la corruption et les divisions, Diangenda Marthorel ramène l’espoir d’un renouveau fondé sur les valeurs profondes du peuple Kongo: respect d’autrui, protection des biens publics, solidarité, don de soi pour le bien commun. Des principes qui, s’ils sont réhabilités, pourraient offrir à la RDC les fondations d’un avenir meilleur, à la hauteur du rêve porté par Diangenda Marthorel.
Hugo Robert MABIALA