BCC : 217 milliards CDF de gain net, taux directeur ramené à 13,5 % et pouvoir d’achat renforcé, André Wameso défend la solidité macroéconomique

La Banque Centrale du Congo (BCC) affiche un effet positif de l’appréciation du franc congolais sur les finances publiques et le quotidien des ménages. Lors du briefing presse organisé mardi 28 avril 2026 au studio Maman Angebi de la RTNC sur la mise en œuvre de la politique monétaire en RDC, le gouverneur André Wameso Nkualoloki a défendu une stratégie d’assouplissement monétaire qu’il présente comme maîtrisée, avec à la clé un solde budgétaire positif de 217 milliards de francs congolais, un taux directeur abaissé à 13,5 % et une amélioration progressive du pouvoir d’achat.

Sur le plan budgétaire, la BCC assure que le raffermissement du franc n’a pas affaibli les finances publiques, contrairement à certaines inquiétudes.

En 2025, sur des assignations de 27.401,2 milliards de francs, les régies financières ont mobilisé 28.294,8 milliards de francs congolais, soit un taux de réalisation de 103,3 %. Une performance que le gouverneur attribue à la solidité de la mobilisation des recettes.

Cependant, sur les trois derniers mois de l’année, l’appréciation du franc a réduit la contre-valeur en monnaie locale des recettes perçues en devises. Sur environ 1,991 milliard USD collectés, la perte de conversion a été estimée à 659,4 milliards de francs congolais.

Mais dans le même temps, l’État a bénéficié d’un allègement significatif sur ses dépenses. Sur près de 1,45 milliard USD engagés, l’exécution a coûté environ 3.221 milliards de francs congolais, contre une projection initiale de plus de 4.100 milliards de francscongolais, soit une économie de 876 milliards de francs congolais.

Après compensation, le Trésor public enregistre donc un solde positif net de 217 milliards de francs congolais.

« L’appréciation du franc congolais a renforcé la position budgétaire de l’État », a affirmé André Wameso.

Autre signal fort : la Banque centrale a ramené son taux directeur de 25 % à 13,5 %, un ajustement que le gouverneur qualifie de prudent et réfléchi.

« Nous avons analysé plusieurs hypothèses, et même dans le scénario le plus défavorable, l’inflation restait autour de 7 % », a-t-il expliqué.

Avec une inflation annuelle actuellement estimée à 2,36 %, la BCC estime disposer d’une marge suffisante pour soutenir l’économie sans compromettre la stabilité des prix.

L’objectif est aussi de corriger certaines distorsions du marché.

« Les émissions du Trésor en francs congolais se faisaient autour de 10 %, alors que notre taux directeur était plus élevé. Il fallait aligner nos instruments pour favoriser le financement de l’économie », a souligné le gouverneur.

Cet assouplissement vise également à encourager le crédit en monnaie nationale et à orienter davantage l’épargne vers le franc congolais.

« Aujourd’hui, épargner en francs rapporte plus que le dollar », a insisté André Wameso, appelant à une confiance renouvelée envers la monnaie nationale.

Le gouverneur a aussi voulu rapprocher cette politique monétaire de la vie quotidienne des Congolais. Il cite notamment l’impact sur le logement et le carburant.

« Un ménage qui payait un loyer de 200 dollars voit aujourd’hui son équivalent en francs congolais diminuer », a-t-il expliqué, estimant que cette évolution permet aux familles de dégager un revenu supplémentaire.

Même logique pour les produits sensibles comme le carburant : « Sans cette appréciation, le litre aurait déjà dépassé les 3 000 francs ».

La BCC défend ainsi une politique qui vise non seulement la stabilité macroéconomique, mais aussi la préservation du pouvoir d’achat.

Sur le front de la croissance, André Wameso a rappelé que la RDC a enregistré une progression économique de 5,8 % en 2025, avec une projection de 6,2 % en 2026, tandis que les réserves internationales avoisinent désormais 7,9 milliards de dollars.

Pour lui, ces indicateurs renforcent la crédibilité du pays sur les marchés internationaux.

« Les marchés financiers se projettent avec la RDC sur 5 ans, sur 10 ans. C’est un message fort de confiance », a-t-il déclaré.

Face aux rumeurs sur une éventuelle disparition du dollar dans les transactions d’ici 2027, le gouverneur a également tenu à clarifier la position de la Banque centrale.

« Il n’y aura pas de suppression du dollar en 2027 », a-t-il assuré.

L’orientation retenue consiste plutôt à réduire progressivement les paiements en espèces en devises au profit des virements, cartes bancaires et solutions numériques, dans le cadre d’une stratégie plus large de digitalisation des transactions et d’inclusion financière.

« Notre rôle est d’ajuster progressivement nos instruments aux réalités économiques », a conclu André Wameso, résumant la ligne de la Banque centrale entre stabilité, croissance et confiance.

Osée MABIALA

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