«Le pouvoir doit dire clairement ce qui est reproché à Seth Kikuni, preuves à l’appui» (Déclaration du Cadre de concertation des forces politiques et sociales)

Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales continue de soulève des questionnements sur l’arrestation et la détention de l’opposant Seth Kikuni par l’Agence national de renseignement (ANR). Au sortir d’une réunion tenue hier, vendredi 20 décembre 2024, à l’initiative de Claudel André Lubaya, la structure a fait une déclaration contenant 12 points.

Entre autres revendications, le Cadre de concertation exige des autorités libération sans condition, de Seth Kikuni, «otage politique de l’arbitraire et victime du fait du prince». «À défaut, le pouvoir doit dire clairement aux Congolais ce qui est reproché à Seth Kikuni, preuves à l’appui», lit-on dans la déclaration.

Mais aussi : «Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales déplore le fait qu’après qu’il a été présenté au magistrat, Seth Kikuni est toujours détenu, comme otage, dans les installations de l’ANR à la place des lieux de détention du parquet et ce, en violation des lois de la république». Ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

Cadre de concertation des forces politiques et sociales

DÉCLARATION

À l’initiative de l’honorable Claudel André Lubaya, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales s’est réuni ce vendredi 20 septembre 2024 à son siège pour examiner la situation préoccupante relative à l’arrestation et à la détention arbitraires de l’un de ses membres, à savoir le président Seth Kikuni.

Après débat et délibération, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales tient à souligner ce qui suit :

  1. Jusqu’à présent, l’Agence nationale de renseignements, ANR en sigle, n’a pas expliqué à l’opinion nationale les motifs de l’arrestation de Monsieur Seth Kikuni, même s’ils ont fini, sous la pression de l’opinion publique, par autoriser sa famille et ses avocats conseils à lui rendre visite.
  2. En attendant que l’ANR et le pouvoir judiciaire informent l’opinion de manière officielle sur le fond du dossier, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales s’étonne d’abord et déplore le fait qu’après qu’il a été présenté au magistrat, monsieur Seth Kikuni est toujours détenu, comme otage, dans les installations de l’ANR à la place des lieux de détention du parquet et ce, en violation des lois de la république.
  3. Il est essentiel de rappeler que la Constitution de la République démocratique du Congo, en ses articles 17 et 18, garantit à tout citoyen le droit à la liberté et à la sûreté de sa personne. Ces droits incluent notamment le fait de ne pouvoir être détenu qu’en vertu de la loi et sous le contrôle d’une autorité judiciaire compétente. Or, dans le cas de Monsieur Seth Kikuni, sa détention prolongée dans les locaux de l’ANR après présentation devant le magistrat est non seulement irrégulière, mais elle constitue une violation flagrante des normes juridiques nationales et internationales. L’ANR, une agence de renseignement, n’a ni le mandat ni la compétence légale pour maintenir des individus en détention sans l’intervention du pouvoir judiciaire. Cet abus de pouvoir est une atteinte grave à l’État de droit.
  4. Ensuite, il est difficile de comprendre qu’au moment où le pays fait face à plusieurs défis sécuritaires, le pouvoir de l’Union sacrée se résoud de mobiliser et d’affecter les ressources publiques à des opérations inopportunes d’interpellation, d’arrestation et de détention de leaders politiques et ceux de la société civile.
  5. Le recours à l’ANR pour des arrestations de figures politiques de l’opposition trahit une dérive autoritaire manifeste du pouvoir actuel, qui instrumentalise des organes de l’État à des fins de répression politique. Le cas de Seth Kikuni illustre le dangereux glissement vers un régime où la critique politique est criminalisée et où les droits de l’opposition sont méthodiquement étouffés. Cette pratique constitue non seulement une violation des droits de la personne, mais également une menace directe à la démocratie, car elle vise à intimider et réduire au silence toute voix dissidente.
  6. Enfin et surtout, cette manière d’agir qui consiste à arrêter les leaders d’opinions sur la base de suspicions venant des réseaux sociaux, met clairement en danger nos libertés fondamentales. En effet, si les services de sécurité peuvent, quand ils le veulent, arrêter et détenir des citoyens acteurs du débat démocratique, sous quelque prétexte que ce soit, c’est la preuve qu’en RDC, l’arbitraire prime sur le droit.
  7. La détention de Monsieur Kikuni, dans ces conditions, est arbitraire et politiquement motivée. Elle viole les principes d’un procès équitable et de l’indépendance du pouvoir judiciaire, car elle relève d’une volonté manifeste du pouvoir exécutif de contrôler les opposants politiques par des méthodes extrajudiciaires. Les acteurs politiques et les membres de la société civile ne peuvent être placés sous une telle pression sans une remise en cause profonde des valeurs démocratiques que notre République prétend défendre. En l’absence d’accusations formelles et transparentes, il est indéniable que cette arrestation ne vise qu’à servir d’exemple pour dissuader toute opposition à un régime de plus en plus oppressif.
  8. C’est pourquoi, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales réitère son exigence ferme, que les autorités libèrent sans condition, Monsieur Seth Kikuni, otage politique de l’arbitraire et victime du fait du prince. À défaut, le pouvoir doit dire clairement aux Congolais ce qui est reproché à Monsieur Seth Kikuni, preuves à l’appui. Il est aussi important que l’opinion soit informée sur la régularité juridique de la procédure en cours, au regard des informations la mettant en doute.
  9. L’arrestation de Seth Kikuni survient au moment où le président de la république s’est érigé en bouclier pour défendre les détourneurs supposés de deniers publics et les mettre à l’abri de toutes poursuites. Elle survient enfin dans un contexte général de remise en cause des libertés fondamentales, par un régime qui, tout en tentant d’intimider les opposants, les acteurs de la société et des médias, s’évertue à restreindre leurs libertés, s’en prend à toute voix qui ose critiquer sa gouvernance déficitaire.
  10. Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales s’associe aux militantes et militants du parti politique Piste pour l’émergence ainsi qu’à l’ensemble de l’opinion publique indignée pour exiger la libération immédiate de Monsieur Seth Kikuni dont le délai légal de la garde à vue a largement expiré. Il met en garde le pouvoir contre toute tentative de musellement des acteurs du débat démocratique, notamment par l’instrumentalisation des fausses accusations dont il est seul à détenir les techniques de montage. Il exige également la libération de tous les prisonniers politiques dont Jean Marc Kabund, Mike Mukebayi et Daniel Safu ainsi que des acteurs de la société civile notamment MWAMISYO NDUGU KING, de la Lucha, arrêté à Goma ; Jack SINZAHERA et Gloire SAASITA de véranda Munsanga détenu à la Demiap. Il exige également que justice soit faite pour Giress Manzanza, militant de l’ECIDE froidement abattu par la police.
  11. Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales appelle tous les démocrates de notre pays à la vigilance, et au rassemblement pour la défense de nos libertés fondamentales qui sont clairement en danger sous la gouvernance du président Tshisekedi, car ce qui arrive à un citoyen aujourd’hui peut arriver à un autre demain.
  12. Enfin, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales invite toutes les personnes éprises de paix et de justice à se joindre à lui pour prendre part à la manifestation publique prévue le mercredi 25 Septembre prochain à partir de 9h, devant le Palais de Justice, dans la Commune de la Gombe.

Fait ce jour, 20 septembre 2024

Pour le Cadre de concertation des forces politiques et sociales,

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