Le drame survenu à la Prison centrale de Makala dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 septembre 2024 a profondément choqué le pays. En réaction, le Consortium des Organisations non gouvernementales de Droits de l’Homme (ONGDH) a exprimé, dans un communiqué publié jeudi 5 septembre 2024, une vive indignation.
Il a demandé des mesures radicales, notamment la démission du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, du vice-ministre de la Justice, Samuel Mbemba, et du Commandant de la Police de Kinshasa.
Le Consortium souligne la divergence des chiffres entre le vice-ministre de la Justice et le vice-Premier ministre de l’Intérieur. Cela a suscité de vives critiques de la part du Consortium. Il dénonce une gestion «déplorable» de la situation. «Ces chiffres, loin de refléter la réalité, démontrent une volonté manifeste de masquer l’ampleur du drame», a déploré le Consortium dans son communiqué.
Les ONGDH, exaspérées par ces approximations, appellent à une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les faits. «La transparence doit prévaloir, surtout quand il s’agit de vies humaines», a déclaré ce Consortium.
La tragédie de la Prison centrale de Makala n’est que le dernier épisode d’une série noire. , et la sécurité des détenus n’y est plus assurée». Le Consortium a dénoncé un «manque flagrant de professionnalisme» des forces censées sécuriser ces lieux, tout en pointant du doigt la «négligence coupable» des autorités publiques.
«Nous assistons à une désacralisation totale de la vie humaine dans ce pays», a martelé le Consortium, rappelant les tragédies similaires survenues à Kilwa, Wazalendo et Mobondo. Ces massacres à répétition, combinés à une série d’abus, créent un climat d’insécurité généralisée, y compris dans les lieux de détention.
Face à cette situation, les ONGDH ne se contentent pas de dénoncer. Elles proposent des solutions concrètes. En plus de la révocation des hauts responsables, elles exigent des sanctions exemplaires contre les autorités carcérales. Pour éviter de nouvelles tragédies, elles plaident également pour un désengorgement des prisons et une prise en charge des rescapés, souvent livrés à eux-mêmes après de tels drames.
Le Consortium appelle à un renforcement du contrôle des ONGDH sur les prisons afin de s’assurer du respect des droits des détenus. Il recommande également que le gouvernement décrète un deuil national pour rendre hommage aux victimes.
Il questionne l’autorité de l’État et sa capacité à protéger les plus vulnérables. «Nous voulons un pays où la dignité humaine est une priorité et où l’autorité de l’État est respectée», a insisté le Consortium dans sa déclaration.
Osée MABIALA