Contrat SOKIMO-Southern Energy: Le DG Pistis Bonongo défie le Conseil d’administration et les agents

La brève paix constatée, hier, à la SOKIMO appartient dorénavant au passé. Le jeune Directeur général Pistis Bonongo, catapulté ex nihilo à la tête de cette entreprise de l’Etat, y signe une crise grandissante entre lui, d’un côté, et le Conseil d’administration et les travailleurs, de l’autre.

Pomme de discorde: le Contrat signé entre la SOKIMO et Southern Energy pour la gestion de la centrale hydroélectrique de Budana, appartenant société d’électricité de la SOKIMO, Electrokimo, qui dessert une bonne partie de la province de l’Ituri dont la ville de Bunia. «C’est un contrat léonin de bradage et de prédation par lequel les acteurs de la SOKIMO ont sacrifié les intérêts de la nation en livrant un patrimoine de grande valeur à la merci des étrangers de Southern Energy, une structure fantôme, sans ressources financières à la hauteur de ce grand marché». Ce qui viole la constitution congolaise dans ses articles 56 et 57.

En effet, les travailleurs déplorent plusieurs faits. Tenez. Dans une lettre ouverte adressée au ministre du Portefeuille, ils dénoncent ce contrat dans lequel la SOKIMO a tout livré à Southern Energy au mépris de la loi relative au secteur d’électricité qui exige que chaque domaine d’électricité ait une concession à part. Ces concessions sont la production d’électricité, le transport de courant, la distribution et enfin, la concession de commercialisation.

La magouille

Pire encore, les travailleurs décrient la fraude. Pour eux, Southern Energy abuse de la naïveté des dirigeants de la SOKIMO. Au départ, le contrat signé avec la SOKIMO prenait en compte les trois centrales hydroélectriques de la SOKIMO pour une réhabilitation estimée, on ne sait pas par quelle expertise, à USD 74 millions. Il s’agit de la centrale de Soleniama I complètement obsolète, de Soleniama 2 en arrêt et Budana en marche.

Très vite, par un avenant, Southern Energy rejette les deux premières centrales pour un coût de USD 15 millions, et ne retient la réhabilitation de la centrale de Budana qui bien que déjà opérationnel couterait USD 59 millions, soit près de quatre fois le coût de réhabilitation des deux centrales obsolètes prises ensemble. Plutôt illogique. «Il est curieux d’apprendre que USD 13 millions que même le DG de la SOKIMO conteste pour le moment, ont déjà été consommé dans la première phase des activités de réhabilitation de la centrale de Budana», rouspètent les travailleurs.

A qui profite le crime ?

Qui à la SOKIMO tire profit de ce contrat qui ne prend pas en compte les intérêts de la société ni ceux des travailleurs? Suivez mon regard. Les actes soulignés dans la correspondance destinée au gouverneur militaire de l’Ituri en disent long. Les travailleurs y expliquent comment leurs délégués venus à Kinshasa ont démontré combien ce contrat avec Southern Energy était déséquilibré. «Après avoir entendu les arguments, le Conseil d’administration composé de la PCA, du DG et des administrateurs a donné raison à la délégation des travailleurs», relatent-ils. Le contrat étant signé, le DG, la PCA, les administrateurs, les travailleurs s’étaient donné rendez-vous à Bunia pour discuter de la question en en plénière avec la société civile de la province, les élus et le gouverneur. «Contre toute attente, arrivé à Bunia, le DG Pistis Bonongo détourne l’objet de sa mission. Il nomme le DG adjoint et le Directeur technique de (la société commune) Greentech non encore né, chose qui ne relève pas de sa compétence», assènent les travailleurs. Dans les couloirs de la SOKIMO, il se dt que les deux promus sont des parents du DG de la SOKIMO. Alors qu’à Bunia les voix se lèvent pour réclamer la suspension de Pistis Bongo, à Kinshasa, les travailleurs ont lancé ce vendredi 27 septembre, une grève pour réclamer le paiement de plusieurs mois de salaire.

MATSHI Darnell

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