«Le peuple d’abord», rappellent les forces politiques et sociales

Qui l’eut cru! «Le peuple d’abord», célèbre crédo de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, hier la fille ainée de l’Opposition, lui est, aujourd’hui, rappelé par des opposants du Président Félix Tshisekedi, fils politique et biologique du feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Ironie de l’histoire? Peut-être. En effet, dans le compte-rendu de la réunion tenue jeudi 10 octobre, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales, qui prépare une grande marche pour revendiquer le bien-être socio-économique des Congolais, rappelle au Président Tshisekedi que le pays est dans une «situation extrêmement préoccupante».

Les forces politiques et sociales mettent en lumière la précarité du quotidien des Congolais. Elles y évoquent notamment le chômage de masses, l’inflation galopante qui érode le pouvoir d’achat, le piteux état des routes, l’insalubrité généralisée du cadre de vie face à l’inertie des pouvoirs publics, la montée des tensions sociales croissantes…

Ce regroupement des acteurs politiques et sociaux actifs sur terrain en RD-Congo insiste particulièrement sur le sérieux problème de l’éducation et de la santé. «La rentrée scolaire n’a toujours pas été effective sur l’ensemble du territoire national à la suite de la grève des enseignants», signalent ces forces. Et d’ajouter: «Il en est de même pour le corps médical, dont la coordination du banc syndical a déposé un préavis de grève à partir de ce jeudi 10 octobre».

Le Cadre de concertation soutient les revendications du corps médical et des enseignants, portant notamment sur la revalorisation salariale. Il invite le gouvernement à initier le dialogue social avec les différents syndicats pour sauver l’année scolaire et préserver les vies des millions de patients qui peinent à accéder aux soins médicaux.

Pour cette plateforme, il n’y a pas de Congolais d’en haut, ni de Congolais d’en bas. «Le train de vie des dirigeants et des institutions doit être revu à la baisse. La solde des militaires et policiers, ainsi que les salaires des fonctionnaires, des enseignants, du personnel soignant et de toutes les catégories socio-professionnelles doivent être majorés et indexés au coût de la vie », martèle le Cadre de concertation, alertant que l’état d’esprit de la population est alarmant au regard de «l’inaction incurable du gouvernement».

La Constitution, un bouc émissaire !

Au sujet des velléités de l’UDPS à modifier la Constitution de 2006, le Cadre de concertation invite les responsables du parti présidentiel à faire preuve «de compassion à l’égard du peuple et de respect envers les martyrs de la lutte pour la démocratie en s’abstenant de rajouter de l’huile sur le feu, dans l’intention de brûler le pays au nom de l’ambition injustifiée d’un pouvoir à vie». Pour ces forces politiques et sociales, l’UDPS se sert du débat sur la révision de la Constitution comme artifice pour ne pas avoir à rendre compte de son bilan. «Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales invite l’UDPS à cesser de faire de la Constitution, le nouveau bouc émissaire de son incapacité à redresser le pays», tonne-t-il, soulignant qu’une telle démarche aggraverait la crise multidimensionnelle dans laquelle la RDC est plongé.

Le Cadre de concertation invite, par ailleurs, le Président Tshisekedi à se désolidariser publiquement des flatteurs de son camp, en réaffirmant son attachement aux principes fondamentaux de démocratie. Il rappelle au Président de la République son engagement pris devant le monde de respecter la Constitution et de quitter sans atermoiements, le pouvoir à la fin de son second et dernier mandat. «Il y a une vie après la présidence et les exemples existent, y compris dans notre pays», lâche le Cadre de concertation. Ce dernier invite également les partis et regroupements politiques membres de l’Union sacrée à manifester leur désaccord avec l’UDPS.

Lors de cette réunion, les forces politiques et sociales ont aussi évoqué le sujet de la tragédie des victimes du naufrage du bateau MV/MERDI survenue le jeudi 03 octobre sur le lac Kivu et celui de la libération immédiate et sans condition des opposants arrêtés illégalement parmi lesquels Seth Kikuni, Jean Marc Kabund, Mike Mukebayi, Daniel Safu, Mwamisyo Ndugu King, Jack Sinzahera, Gloire Saasita, Alain Siwako, Jean Paul Ngaghangondi et Fiston Isambiro.

MATSHI Darnell

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