En déposant une résolution devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Kinshasa a franchi un cap décisif dans sa quête de justice pour les populations de l’Est du pays. Adopté grâce au consensus de 47 pays ce vendredi 7 février, le texte pointe directement la responsabilité du Rwanda et ouvre la voie à des sanctions.
Cette résolution, portée par la République Démocratique du Congo, appelle à la création d’une commission internationale d’enquête pour établir les responsabilités dans les violations des droits de l’homme perpétrées dans les provinces de l’Est. Parmi les crimes dénoncés figurent les exécutions sommaires, les violences sexuelles et les déplacements forcés de civils, imputés à l’armée rwandaise et aux groupes armés alliés.
La RDC voit dans cette résolution une avancée capitale, non seulement pour documenter les crimes commis, mais aussi pour isoler davantage Kigali sur la scène internationale. En effet, le texte exige un retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais et recommande des sanctions contre les responsables de ces violations.
Lors de cette session spéciale du Conseil des droits de l’homme tenue à Genève, la RDC a également plaidé pour un renforcement des mécanismes de protection des civils. « Il est impératif d’assurer une meilleure coordination entre la MONUSCO, les forces de sécurité congolaises et les acteurs régionaux afin de prévenir de nouvelles escalades de violence », a insisté la délégation congolaise.
Par ailleurs, la situation humanitaire critique dans la région de Goma a été mise en avant. La RDC a exhorté la communauté internationale à garantir un accès humanitaire sans restriction pour venir en aide aux populations déplacées et prévenir la propagation d’épidémies telles que le choléra et Mpox.
Avec cette résolution, Kinshasa espère un sursaut de la communauté internationale contre l’impunité et pour la justice. Reste à savoir si les engagements pris à Genève se traduiront par des actions concrètes sur le terrain.
Osée MABIALA