Le Président du Kenya, William Ruto appelle à une cessation immédiate des hostilités dans l’Est de la République démocratique du Congo. S’exprimant ce 8 février 2025, au sommet conjoint des chefs d’État de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le Président kenyan a souligné que seule une solution négociée permettra de restaurer la stabilité. Il a également insisté sur l’urgence d’une approche diplomatique face à une crise humanitaire et sécuritaire qui perdure depuis plus de deux décennies.
Un cessez-le-feu immédiat pour favoriser le dialogue
Face à l’intensification des combats à Goma et dans ses environs, le Président Ruto a exhorté toutes les parties à suspendre les affrontements. « Un cessez-le-feu immédiat est le seul moyen de créer les conditions nécessaires à un dialogue constructif et à la mise en œuvre d’un accord de paix global », a-t-il déclaré. Il a particulièrement souligné sur la nécessité pour le M23 de stopper ses avancées et pour les Forces armées de la RDC (FARDC) de mettre fin aux représailles, afin d’éviter une escalade incontrôlable du conflit.
Dans ce contexte, il a rappelé l’importance du respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États, affirmant que ces principes fondamentaux doivent guider toute démarche visant à rétablir la paix en RDC.
Une crise humanitaire alarmante
Le Président kényan a également mis en avant le coût humain considérable de la guerre dans l’Est de la RDC. « Des millions de civils ont été déplacés et beaucoup vivent sous la menace persistante de violences, notamment de violences sexuelles et du recrutement d’enfants dans les combats », a-t-il déploré. Il a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour soutenir les initiatives régionales et répondre aux besoins des populations affectées.
Ruto a insisté sur l’obligation morale de protéger les civils et de garantir l’acheminement de l’aide humanitaire. Il a exhorté les États et les institutions internationales à collaborer avec le gouvernement congolais pour mettre en place des mesures de soutien durables.
Privilégier la diplomatie à l’option militaire
Soulignant la complexité du conflit qui mêle enjeux historiques, économiques et géopolitiques, William Ruto a mis en garde contre une approche militaire qui, selon lui, ne ferait qu’aggraver la situation. « Nous devons résister à la tentation de penser que nous pouvons d’une manière ou d’une autre trouver une solution par des coups de feu ou des bombardements face à la complexité de la situation », a-t-il fait remarqué.
Il a plaidé pour une approche diplomatique globale impliquant toutes les parties prenantes – États voisins, organisations internationales, société civile et gouvernement congolais – afin d’adresser les causes profondes du conflit et construire une paix durable. Il a également souligné l’importance d’unir les efforts des processus de paix de Luanda et de Nairobi pour éviter la multiplication des initiatives parallèles.
Vers une initiative unique de la CAE et de la SADC
Pour garantir la coordination des actions en faveur de la paix en RDC, Ruto a suggéré la mise en place d’un secrétariat conjoint entre la CAE et la SADC, chargé d’assurer le suivi et l’application des décisions prises. Il a également appelé la communauté internationale à soutenir cette initiative unique et concertée.
Le Président kényan a réaffirmé son engagement pour une paix durable en RDC, estimant que la stabilité du pays est essentielle pour l’ensemble de la région. Il a appelé toutes les parties à donner la priorité au dialogue, à la coopération et, surtout, à la protection des vies civiles.
Osée MABIALA