Dans un communiqué daté du 1ᵉʳ mars 2025 et signé à Kinshasa, le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a dénoncé une « vaste campagne médiatique orchestrée » par les rebelles de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23 et leurs alliés rwandais. Selon l’armée congolaise, cette opération vise à légitimer l’occupation illégale de certaines parties du territoire congolais tout en cherchant à discréditer les FARDC et les forces régionales de la SADC.
Le samedi 1ᵉʳ mars 2025, l’AFC/M23 a remis aux RDF (Rwanda Defence Forces) un groupe de combattants « FDLR » au poste frontière de Grande Barrière, dans le district de Rubavu. Parmi eux figurait un certain général Gakwerere, recherché par Kigali depuis plus de 30 ans pour son implication présumée dans le génocide de 1994 et l’assassinat de la reine du Rwanda.
Une mise en scène ?
Les FARDC rejettent catégoriquement cette version des faits et dénoncent une « mise en scène grotesque » orchestrée par Kigali. Dans leur communiqué, elles accusent les autorités rwandaises d’avoir sélectionné d’anciens FDLR détenus dans la prison centrale de Gitarama (Rwanda), de les avoir habillés en militaires congolais et de les avoir présentés comme des combattants capturés à Goma.
L’un des éléments troublants de cette affaire est l’incohérence concernant un individu nommé Patrick Ishimwe, identifié parmi les prisonniers « capturés ». Selon plusieurs sources, notamment des médias rwandais, Ishimwe avait été arrêté à Kigali le 22 janvier 2025. Son apparition soudaine parmi les captifs présentés à Goma soulève de sérieuses interrogations.
Par ailleurs, la présence du général Gakwerere parmi ces prétendus prisonniers alimente davantage les soupçons. D’après des sources bien informées, cet homme serait en réalité un agent du régime rwandais de Paul Kagame et aurait participé à des exactions contre des civils congolais sous les ordres directs de Kigali.
Une stratégie de manipulation dénoncée par Kinshasa
Selon les autorités congolaises, cette manœuvre s’inscrit dans une politique systématique de manipulation de l’opinion internationale menée par Kigali afin de justifier son ingérence militaire en RDC. Cette tentative de désinformation, bien que de plus en plus contestée sur la scène internationale, vise à légitimer l’agression rwandaise et à détourner l’attention des véritables enjeux du conflit.
Les FARDC appellent la communauté internationale à ne pas se laisser berner par cette « opération de propagande » et exhortent les instances compétentes à diligenter une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces accusations.
Des crimes de guerre dénoncés contre l’armée rwandaise
Au-delà de cette mise en scène médiatique, l’armée congolaise accuse également les forces rwandaises de violations graves du droit international humanitaire. Selon les informations recueillies, des militaires congolais blessés ou hospitalisés au camp Katindo auraient été sommairement exécutés par l’armée rwandaise.
Les FARDC assurent que ces atrocités ne resteront pas impunies et que leurs auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice.
L’issue de cette crise dépendra largement de la capacité des acteurs régionaux et internationaux à faire pression pour mettre fin aux hostilités et garantir une stabilité durable dans la région des Grands Lacs.
Dada NZAJI