Le Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) poursuit ses opérations de désarmement et de réinsertion des anciens combattants en République démocratique du Congo. Lundi 9 mars 2026 à Kinshasa, lors d’un briefing de presse animé par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, son coordonnateur national, Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita, a présenté un bilan chiffré des actions menées dans le cadre de ce programme lancé en 2021 par le président Félix Tshisekedi.
Selon les données dévoilées à cette occasion, 4 875 ex-combattants ont déjà été désarmés et réinsérés dans la vie civile depuis la relance opérationnelle du programme. Cette dynamique s’accompagne également de résultats significatifs en matière de récupération d’armes et de munitions. Au total, plus de 5 000 munitions et autres effets de guerre ont été saisis, tandis qu’environ 1 000 armes ont été collectées et sécurisées dans les entrepôts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Présentant ces résultats, le coordonnateur national a indiqué que cette évolution s’explique notamment par l’accélération des opérations de désarmement et de démobilisation menées dans différentes provinces du pays. « Avec les deux premiers mois de l’année 2025, cela nous a amené jusqu’à 4 875 ex-combattants réinsérés », a précisé Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita.
Les statistiques du programme montrent une forte concentration des bénéficiaires dans les zones affectées par les conflits armés. La province de l’Ituri arrive en tête avec plus de 1 500 ex-combattants désarmés, suivie du Nord-Kivu (838) et du Tanganyika (653). Dans ces différentes zones, 875 combattants issus de groupes armés ont été désarmés et démobilisés au cours de l’année 2025.
À Beni et Butembo, dans le Nord-Kivu, plusieurs bénéficiaires sont déjà engagés dans un processus de réintégration communautaire. « Au Nord-Kivu, précisément à Beni et Butembo, nous avons 838 clients pour les réinsérer dans la communauté. Nous impliquons ces personnes et on les forme en leur expliquant l’importance de la cohésion nationale. Plus de 900 armes ont été extorquées dans l’entrepôt des FARDC, 487 clients désarmés à la fin du mois de février et 500 combattants mobilisés et réintégrés dans la province de l’Ituri », a expliqué le coordonnateur national.
Le programme s’étend également à d’autres zones du pays afin de répondre à l’émergence de nouveaux phénomènes armés, notamment dans l’ouest de la République. À ce sujet, le responsable du P-DDRCS a indiqué que 151 combattants ont été pris en charge dans la commune de Maluku, à la frontière entre Kinshasa et la province du Maï-Ndombe. « Au niveau de la frontière de la ville de Kinshasa et du Mai-Ndombe, spécifiquement à Maluku, nous avons traité 151 clients », a-t-il précisé.
Parallèlement aux opérations de désarmement, le programme met l’accent sur la réinsertion socio-économique des anciens combattants. Après leur identification et leur enregistrement biométrique, ces derniers sont orientés vers des formations professionnelles et des activités génératrices de revenus afin de faciliter leur retour durable au sein de leurs communautés et de renforcer la cohésion sociale dans les zones affectées par les violences. « Nous assurons leur formation en connivence avec le ministère de la Formation professionnelle avec lequel nous avons également un protocole d’accord », a expliqué Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita.
Le P-DDRCS intègre également une dimension psychologique dans la prise en charge des bénéficiaires. « Plus de 400 agents ont été formés pour la sensibilisation et l’identification des armes. Le gouvernement de la RDC a déployé des moyens conséquents pour effectuer le désarmement. Nous avons également 151 combattants démobilisés au Maï-Ndombe et nous nous apprêtons à assurer leur formation », a-t-il indiqué.
S’agissant du financement, le coordonnateur national a souligné l’implication directe de l’État congolais dans la mise en œuvre du programme. « Le programme est financé à 100 % pour ce qui est des démobilisations avec des fonds de notre pays », a-t-il affirmé, précisant que chaque arme récupérée est identifiée, certifiée et stockée dans les dépôts des FARDC.
Au-delà de la réinsertion économique, le programme vise également à renforcer la cohésion sociale dans les communautés touchées par les violences. « Au-delà de la réinsertion économique, le P-DDRCS travaille pour la réinsertion sociale qui va occasionner le bien-vivre ensemble. Cela va automatiquement donner un accès à la paix dans différents endroits touchés par les hostilités », a ajouté le coordonnateur.
Dans cette perspective, le responsable du programme a également insisté sur les mécanismes mis en place pour prévenir la reprise des armes par les anciens combattants. « La stratégie nationale est trop claire. Avec ce programme national complet et cohérent que la RDC s’est octroyé, il est difficile que les clients reprennent les armes », a affirmé Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita.
Lancé en juillet 2021, le P-DDRCS s’inscrit dans la stratégie des autorités congolaises visant à favoriser la sortie des membres des groupes armés tout en accompagnant la stabilisation des zones affectées par l’insécurité. Par la combinaison du désarmement, de la réinsertion socio-économique et du relèvement communautaire, ce programme ambitionne de contribuer à la consolidation de la paix et à la reconstruction des territoires marqués par les conflits armés.
Osée MABIALA