A Genève, la RDC appelle à la mise en place d’une commission internationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme dans l’Est du pays

Lors d’une session spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU consacrée à la situation en République démocratique du Congo (RDC) ce 7 février à Genève, le gouvernement congolais a exhorté la communauté internationale à établir une commission internationale d’enquête pour examiner les graves violations des droits humains perpétrées dans les provinces de l’Est.

Dans une déclaration officielle, la RDC a dénoncé les attaques massives contre les civils, qualifiant les actes de violence dans cette région d’« atrocités indescriptibles » et a insisté sur la nécessité de faire la lumière sur les responsables. « Cette commission devra être mandatée pour établir la vérité sur les responsables de ces crimes et rendre des recommandations pour tenir les auteurs responsables », peut-on lire dans la déclaration.

Le gouvernement congolais, représenté par ses autorités lors de cette session, a mis en évidence les crimes de guerre, notamment les bombardements aveugles contre des zones d’habitation civile et les camps de déplacés internes. Ces attaques, orchestrées par des forces armées étrangères et des groupes alliés, auraient également provoqué le recrutement forcé d’enfants dans des centres de formation à Rutshuru et ailleurs.

Des mesures concrètes demandées

En plus de la mise en place d’une enquête internationale, la RDC a appelé à des actions concrètes pour prévenir de futures violations. « Il est essentiel de renforcer les mécanismes de surveillance et d’alerte précoce, ainsi que d’assurer une meilleure coordination entre la MONUSCO, les forces de sécurité congolaises et les acteurs régionaux, afin de protéger les civils et prévenir de nouvelles escalades de violence », a-t-elle déclaré.

La situation humanitaire, déjà critique dans la région de Goma, a également été évoquée. La RDC a plaidé pour un accès immédiat et sans restriction des acteurs humanitaires afin d’aider les blessés et d’évacuer les populations vulnérables. « De plus, il est impératif aujourd’hui de garantir un accès humanitaire immédiat et sans restriction pour permettre de mieux prendre en charge les milliers de blessés, évacuer les cas les plus graves et réduire le risque de propagation d’épidémies telles que le choléra et Mpox », a insisté le gouvernement.

Responsabilité internationale pointée du doigt

Le discours congolais n’a pas manqué d’épingler certains États, dont le Rwanda, accusés de soutenir logistiquement et militairement les groupes armés responsables des violences. « Nous rejetons fermement l’implication continue de certains États dans le soutien logistique, militaire et financier à des groupes armés opérant sur notre territoire », a martelé la RDC, appelant la communauté internationale à exercer une pression accrue pour mettre fin à ces soutiens.

L’adoption d’une résolution pour créer une commission d’enquête serait, selon la RDC, « un signe de solidarité pour les millions de Congolais qui vivent aujourd’hui sous l’occupation du Rwanda ».

Osée MABIALA

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