RDC – Génocost: Tshisekedi dénonce des massacres oubliés et réclame justice

Lors du lancement de la table ronde sur l’appropriation du Génocost ce lundi 31 mars 2025, le Président Félix Tshisekedi a prononcé un discours poignant, dénonçant les atrocités commises en République démocratique du Congo et appelant à une prise de conscience collective face à ce qu’il qualifie de « véritable génocide ».

Citant Simone Veil : « La destruction du passé est peut-être le plus grand de tous les crimes », il a rappelé que l’histoire de la RDC, souvent réduite à ses richesses naturelles, dissimule une réalité sombre et complexe. Il a évoqué les massacres successifs ayant coûté la vie à plus de dix millions de Congolais, qualifiant ces actes de « violence systématique et ciblée contre des communautés entières ».

Parmi les tragédies les plus marquantes, le Chef de l’État a mentionné les massacres de Kasika et Makobola au Sud-Kivu, où « plus de la moitié des ethnies Nindu et Lega ont été exterminées en un laps de temps court, parfois dans des conditions d’une cruauté insoutenable, comme l’enterrement de femmes vivantes ». Les tueries de Kishishee, Kazauro, Mbambo, Bukombo, Mueso et Nyundo, ainsi que celles du 24 août 1990, ont également été citées, illustrant selon lui « une volonté d’anéantissement ethnique ».

Félix Tshisekedi a affirmé que, malgré des années d’indifférence et de minimisation par la communauté internationale, « la réalité de ces crimes est désormais largement reconnue ». Les rapports des Nations unies confirment « l’existence de violations massives des droits humains et du droit international humanitaire depuis 1993 en RDC ».

Sans détour, le Président congolais a pointé du doigt le Rwanda, qu’il accuse de soutenir des groupes armés responsables de ces massacres. Pour lui, « il est évident que ces violences s’inscrivent dans une volonté délibérée d’anéantir certains groupes ethniques en RDC », une situation d’autant plus paradoxale venant d’un pays ayant lui-même subi un génocide.

Tshisekedi a salué « la prise de conscience croissante de cette tragédie humaine », marquée par des sanctions visant des responsables rwandais et des membres du M23 AFC. Cependant, il a souligné que « la lutte pour la vérité et la justice est loin d’être achevée ».

Il a enfin appelé à « l’appropriation de cette mémoire collective pour prévenir la répétition de telles atrocités et œuvrer pour la paix et la dignité humaine en RDC ».

Au pays du coltan et du cobalt, où la terre recèle autant de richesses que de fosses communes, le cri des victimes attend toujours une réponse à la mesure de leur souffrance.

Osée MABIALA

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