De plus en plus de Congolais s’interrogent sur les véritables motivations de l’initiative portée par la CENCO et l’ECC en faveur du retour de la paix en République Démocratique du Congo. Lancé en janvier 2025, le Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les pays des Grands Lacs avait initialement suscité un accueil favorable parmi les Congolais. Cependant, les récentes déclarations de Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO, dans un entretien avec le confrère Stanis Bujakera aux États-Unis, ont provoqué un tollé. Le prélat a révélé que leur démarche avait notamment bénéficié de l’appui financier des pays visités, laissant l’opinion publique supposer que le Rwanda figurait parmi ces contributeurs.
Au micro de Focus-actu.cd, Terry Tshimanga, Secrétaire général du Cercle des Réflexions Patriotiques (CRP), a remis en question la crédibilité de cette initiative qu’il juge « entachée d’ambiguïté » dès son lancement.
« S’il est vrai que toute initiative pour la paix mérite d’être soutenue, il est néanmoins impératif de s’interroger sur les réelles motivations de la CENCO et de l’ECC. Leur démarche, bien qu’habillée d’un discours pacifique, semble relever davantage d’une stratégie politique que d’un simple élan pastoral ou humanitaire », a-t-il déclaré.
La République Démocratique du Congo étant un État laïc, Terry Tshimanga estime que les confessions religieuses ne devraient pas empiéter sur les prérogatives du gouvernement ni s’opposer ouvertement à sa position officielle sur des sujets aussi sensibles que la souveraineté et la sécurité nationale.
Il a également souligné qu’à ce jour, la CENCO et l’ECC n’ont jamais condamné fermement les exactions perpétrées par les rebelles de l’AFC-M23 à Goma, Bukavu et dans d’autres localités meurtries. « Une omission grave qui jette un doute sur leur impartialité et alimente l’idée que leur mission de paix flirte dangereusement avec une complaisance envers les agresseurs de la RDC », a-t-il ajouté.
Pour Terry Tshimanga, la tournée régionale de la délégation CENCO-ECC dans des États perçus comme hostiles à la gestion actuelle du pays suscite des interrogations.
Il reste cependant convaincu que les Congolais doivent dialoguer entre eux. « C’est une nécessité pour garantir une paix durable. Mais jamais ce dialogue ne doit servir de prétexte pour sacrifier notre souveraineté ou légitimer les exigences d’États étrangers dont l’agenda ne correspond pas aux aspirations du peuple congolais », a-t-il martelé.
Thérèse Mbuyi