Dans une déclaration publiée le 25 avril 2025, le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, a exprimé son inquiétude concernant la gestion de la crise persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Il critique la multiplication d’initiatives diplomatiques et politiques non coordonnées, affirmant qu’elles ne garantissent pas une issue durable aux violences dans la région.
« Le temps est venu d’assurer une meilleure coordination multilatérale des efforts de paix, car la multiplication d’initiatives éparses n’offre pas de gage sérieux pour mettre fin aux hostilités dans l’Est de la RDC ni pour restaurer la stabilité dans la région des Grands Lacs africains », a déclaré Denis Mukwege.
Mise en garde contre les erreurs du passé
Le Dr Mukwege a salué la nomination du Président togolais Faure Gnassingbé comme facilitateur par l’Union Africaine, insistant sur la nécessité de dynamiser et d’harmoniser les actions des États et des partenaires de la RDC pour parvenir à une paix durable.
Par ailleurs, il a mis en garde contre les erreurs des précédents processus de paix : « Il s’agit de ne pas répéter les erreurs du passé. Plusieurs accords ont échoué car ils étaient motivés par des intérêts à court terme ».
Mukwege a dénoncé des pratiques comme « les amnisties massives, la promotion des seigneurs de guerre au sein des institutions de l’État » et « l’intégration de groupes armés dans les forces de défense et de sécurité », des mesures qui, selon lui, ont sacrifié la justice au profit de compromis inefficaces.
Justice transitionnelle et responsabilité internationale
Le Prix Nobel a également plaidé pour une stratégie nationale de justice transitionnelle en RDC et salué la mise en place, par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, d’une mission d’établissement des faits et d’une commission d’enquête indépendante sur les graves violations commises dans l’Est.
Il a réitéré les propos du procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, lors de sa récente visite à Kinshasa : « Aucune partie au conflit n’a un chèque en blanc pour échapper aux responsabilités liées aux crimes relevant du Statut de Rome ».
Une paix fondée sur la justice
Pour Denis Mukwege, il est essentiel de fédérer les efforts internes et internationaux pour briser le cycle de violence. Tout en saluant les initiatives de la CENCO et de l’ECC, il a insisté sur la nécessité d’intégrer ces actions dans une stratégie plus globale et coordonnée.
Pour lui, seule une paix fondée sur la justice, la transparence et une coordination internationale efficace pourra sortir la RDC du cycle de violences et d’instabilité qui l’empoisonne depuis des décennies.
Osée MABIALA