Face à la guerre dans l’Est et la pression sur les finances publiques, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé des mesures drastiques de redressement lors du 42e conseil des ministres. Il a instruit le gouvernement, y compris son propre Cabinet, d’identifier et d’évaluer les structures publiques « dont la pertinence n’est plus avérée », en vue de suppressions ou reconfigurations.
Guerre et austérité : un contexte urgent
Dans un contexte marqué par « une augmentation significative des dépenses sécuritaires » due au conflit à l’Est, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un « contrôle rigoureux » des finances. Alors que les recettes peinent à suivre, il a prôné une rationalisation immédiate des dépenses comme levier « plus réactif à court terme ».
« Nous devons être conscients qu’une offre économique innovante est indispensable pour dégager les ressources nécessaires aux projets structurants », a-t-il déclaré, soulignant que cette rigueur doit soutenir la stabilité monétaire et lutter contre la dollarisation.
Cible : les structures inefficaces, y compris la présidence
Le Président a ordonné un audit des institutions créées ces dernières années, notamment dans les ministères, pour analyser leur « valeur ajoutée » par rapport aux ressources allouées. Fait notable : il a explicitement inclus son Cabinet dans cet effort, exigeant une méthodologie « claire et rapide ».
Cette évaluation pourrait déboucher sur des « suppressions pures et simples » ou des reconfigurations, visant à recentrer les fonds publics vers le Trésor. Une décision qui intervient alors que la RDC doit respecter ses engagements avec le FMI, dans le cadre de la Facilité Élargie de Crédit.
Stabiliser l’économie malgré la guerre
Tshisekedi a rappelé que l’assainissement des finances publiques est crucial pour « la maîtrise de l’inflation » et « la confiance envers le Franc congolais ». Un message fort, alors que le pays tente de concilier urgence sécuritaire et discipline budgétaire.
La Première ministre, Judith Suminwa, devra piloter ce chantier avec l’appui de la présidence, sous pression pour montrer l’exemple. Reste à voir si le gouvernement franchira le cap de l’intention et le cas échéant quelles structures seront épargnées par ce grand nettoyage financier.
HRM