RDC | Affaire Bukanga-Lonzo: l’avocat de Matata Ponyo dénonce une condamnation « déconnectée de la vérité »

La défense crie à l’injustice. Peu après le verdict très attendu de la Cour constitutionnelle condamnant l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo à 10 ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics, son avocat, Maître Laurent Onyemba, a réagi avec fermeté:

« La décision, bien qu’attendue, nous déçoit profondément. Elle ne nous effraie pas, mais elle ne repose sur aucun fondement juridique réel. Nous savions que Matata risquait une peine lourde, et tout était orchestré pour aboutir à une sentence déconnectée de la vérité. Quel message envoyons-nous au monde sur notre justice? Cette décision invalide l’espoir d’un véritable État de droit. C’est une construction artificielle, une manipulation des chiffres et des faits, sans base légale ».

Dans son arrêt rendu ce mardi 20 mai 2025, la Cour constitutionnelle a condamné Matata Ponyo à 10 ans de prison, assortis de cinq ans d’inéligibilité et de privation du droit de vote, ainsi que de la confiscation de ses biens au prorata des sommes détournées.

L’ancien Premier ministre congolais n’était pas seul sur le banc des accusés. L’ex-gouverneur de la Banque centrale, Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, et le patron sud-africain de la société Africom, Christo Grobler, ont également été condamnés à cinq ans de travaux forcés pour leur rôle dans la gestion controversée du projet agro-industriel Bukanga-Lonzo.

La Cour a rejeté les arguments de la défense et confirmé sa compétence à juger Matata Ponyo malgré son statut de député national, estimant que « l’immunité protège la fonction et non la personne ». Elle a aussi rappelé que les poursuites avaient été engagées avant son élection.

Au cœur de cette affaire: la débâcle du projet Bukanga-Lonzo, lancé sous le régime de Joseph Kabila, dont la gestion opaque a entraîné la perte de plus de 250 millions de dollars de fonds publics, disparus sans traçabilité.

Malgré la sévérité du verdict, la défense semble déjà préparer une riposte juridique, dénonçant une justice « fabriquée ». Pour Maître Onyemba, cette affaire dépasse le cas Matata Ponyo et met à nu les failles de l’appareil judiciaire congolais, soulevant des interrogations sur l’état réel de l’État de droit en RDC.

Osée MABIALA

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts