L’Union des Églises Indépendantes du Congo (UEIC) est plongée dans une crise interne aux multiples ramifications judiciaires. Deux affaires liées à ce conflit sont actuellement en instance devant la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe, sous les références RC 123386 et RCA 39358. Dans ce contexte tendu, un arrêté ministériel récent reconnaissant le pasteur Matebwe Lambalamba comme représentant légal de l’UEIC a ravivé les tensions. « Une violation flagrante de la loi ! », dénoncent les opposants à cette décision.
Fondée et dirigée par Monseigneur Prima Simon Nzinga Maluka, cette confession religieuse s’insurge contre cet arrêté, qu’elle juge illégitime, visant à réintégrer le groupe de Matebwe Lambalamba. Face à cette situation, la Cour constitutionnelle a été saisie pour bloquer toute initiative prématurée.

Par ailleurs, l’UEIC signale qu’elle ne reconnaît pas la pratique de cérémonie de remise et reprise, son canon prévoyant plutôt une succession structurée.
Un arrêté ministériel au cœur de la controverse
Le litige trouve son origine dans un arrêté ministériel daté du 24 février 2025, qui vise à réhabiliter des personnes exclues pour administrer l’association. L’UEIC conteste fermement la légalité de cet acte, estimant qu’il repose sur des bases juridiques fragiles. « Cet arrêté a été attaqué pour inconstitutionnalité sous la référence R.const 2426 devant la Cour constitutionnelle », précise l’opposition judiciaire.
Mise en garde contre les actions unilatérales
L’UEIC met en garde contre toute tentative visant à contourner son opposition judiciaire. « Toute personne qui poserait des actes dans ces conditions engagerait sa responsabilité personnelle, civile et pénale », avertit-elle. L’organisation appelle à la patience et au respect des procédures judiciaires en attendant une décision définitive.
Cette affaire met en lumière les tensions persistantes au sein de l’UEIC, où la question du leadership et de la légitimité est âprement disputée. La Cour constitutionnelle, saisie du dossier, devra trancher ce conflit qui divise l’une des principales confessions religieuses du Congo.
Au sein de l’UEIC, on estime que l’arrêté du ministère de la Justice « déséquilibre la confession religieuse ». Selon nos sources, les 803 églises locales composant l’UEIC s’opposent fermement au pasteur Lambalamba, accusé de promouvoir une doctrine différente.
Un mouvement religieux d’envergure internationale
Fondée en 1995, l’Union des Églises Indépendantes du Congo a dépassé les frontières de la RDC. Elle est aujourd’hui présente en Afrique (notamment en Tanzanie, au Congo-Brazzaville, au Nigeria, au Gabon et en Afrique du Sud), en Europe et sur le continent américain.
Selon ses statuts, le mandat à la tête de l’UEIC est lié à l’âge. Le synode a fixé la limite à 80 ans, âge de l’éméritat épiscopal. L’UEIC appelle donc le ministère de la Justice, qu’elle juge induit en erreur juridiquement, à rectifier cette situation.
En attendant, l’UEIC reste vigilante face à toute tentative de remise en cause de ses principes et de son organisation, réaffirmant son engagement pour la paix et la stabilité interne.
MATSHI Darnell