RDC : ANSER entend électrifier 52% de zones rurales dans les 5 prochaines années

Cinq ans après sa création, l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) dresse un bilan à mi-parcours, marqué par des avancées notables et des défis persistants. Ce jeudi 17 juillet 2025, lors d’un Special Briefing Presse au studio Maman Angebi de la RTNC, le Directeur général adjoint de l’agence, Damien Twambilangana Mukongo a exposé,en compagnie du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, les principales réalisations et perspectives de cette structure née de la réforme du secteur de l’électricité.

Créée en 2020 à la suite de la libéralisation engagée en 2008 et concrétisée en 2014, l’ANSER se donne pour mission de répondre à la précarité énergétique dans les zones rurales et périurbaines, longtemps ignorées par les opérateurs classiques. « La SNEL intervient principalement dans les zones urbaines, tandis que l’ANSER se concentre sur les milieux ruraux et périurbains, là où l’offre est quasi inexistante », a rappelé Damien Twambilangana.

La première phase des activités a consisté à établir une planification territoriale fine grâce aux Plans Locaux d’Électrification. « La RDC compte 145 territoires. Aujourd’hui, nous avons une stratégie d’électrification propre à chacun d’eux, en tenant compte de leurs réalités spécifiques », a expliqué le DGA. Sur plus de 1 100 projets identifiés, 270 ont été intégrés au Programme d’Investissement Prioritaire. À ce jour, 65 projets sont en cours, 22 sont déjà achevés et 43 avancent à un rythme moyen de 60 %.

En termes de production énergétique, l’ambition initiale était de générer 744 mégawatts sur cinq ans. Seuls 30 MW ont pu être produits, une performance modeste, mais significative, au regard des contraintes financières et structurelles rencontrées. En parallèle, l’agence annonce avoir mobilisé 50 millions de dollars sur la même période.

Mais pour les cinq années à venir, l’ANSER affiche une ambition nettement plus affirmée. « Le défi que nous avons pour les cinq ans à venir, c’est d’atteindre 52 % de taux d’électrification dans les zones rurales. Nous sommes appelés à développer plus ou moins 8 000 MW, et cela est possible. Nous avons une bonne expérience et des grandes capacités d’atteindre cet objectif », a assuré Damien Twambilangana. L’impact escompté est d’envergure : près de 40 millions de Congolais, répartis dans 5 millions de ménages, devraient bénéficier de ces projets. Le budget nécessaire pour réaliser cette vision est estimé à 5 milliards de dollars d’ici 2030.

Outre l’extension de la couverture énergétique, l’agence entend faire de l’électrification un levier transversal du développement, touchant la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement et les industries extractives.

Par ailleurs, pour structurer son action sur le terrain, l’ANSER a subdivisé le territoire national en six pools régionaux adaptés aux réalités de chaque zone : pool grand ouest/ Kinshasa et Grand Bandundu, Grand Équateur, Grand Katanga, Grand Kasaï, pool grand oriental et pool grand Est. Parmi les projets déjà opérationnels, on peut citer la centrale de Bonga Yassa dans le Grand Bandundu, la réhabilitation de Lumumba-ville avec plusieurs centrales, ou encore des installations à Kananga, Tanganyika et Basankusu.

Malgré ces progrès, l’agence se heurte à certains obstacles, notamment les lenteurs administratives dans la délivrance des titres d’opérateurs privés. Vingt titres ont été accordés à ce jour, mais selon le DGA, ces démarches doivent être allégées pour attirer davantage d’investissements dans les zones à faible rentabilité immédiate.

Conçue à l’origine comme une structure de financement, l’ANSER s’est retrouvée, dans certains cas, à produire directement de l’électricité, en raison du faible intérêt des opérateurs privés pour les zones rurales. Sa mission reste néanmoins double : produire et accompagner le financement de projets structurants tout en suscitant l’implication du secteur privé.

Alors que le taux d’électrification global de la RDC est estimé à 20 %, il tombe à seulement 1 % dans les zones rurales. La feuille de route de l’ANSER vise à inverser cette tendance, avec un horizon clair : 2030 comme point d’arrivée pour un accès équitable et durable à l’énergie pour tous.

Osée MABIALA

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