Face à une insalubrité persistante et une gouvernance locale jugée défaillante, le Président de la République, Félix Tshisekedi, prend les rênes du redressement de la capitale.
C’est un rappel solennel qui a résonné au sein du Conseil des ministres: Kinshasa, vitrine du pays, doit incarner « l’ordre, la propreté et le sens de responsabilité ». Et pour ce faire, le Chef de l’État a réactivé l’esprit du programme « Kinshasa Bopeto », lancé en 2020. Plus qu’une simple initiative urbaine, ce projet était destiné à devenir un modèle pour toutes les villes congolaises.
Pourtant, les réalités de terrain trahissent cet idéal. Les défis sanitaires et environnementaux demeurent, obligeant le Président à durcir le ton. Sa déclaration est sans appel: « L’amélioration du cadre de vie de Kinshasa est une priorité qui appelle à un engagement sans relâche ». Il ne s’agit plus d’un simple appel à l’action, mais d’une injonction présidentielle à reprendre le contrôle de la propreté urbaine.
Un appel à l’orgueil collectif, des ordres clairs à la gouvernance locale
Dans ce contexte, Félix Tshisekedi exige un changement immédiat. Les autorités provinciales sont sommées d’agir, coordonnées par le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur, et assistées du ministre délégué à la politique de la ville. Plusieurs mesures phares ont été énoncées sans ambages:
« Responsabiliser chaque niveau de gouvernance local, du bourgmestre au chef d’avenue, pour faire respecter la discipline de propreté dans chaque entité de la ville » ; « Rédynamiser la brigade de salubrité » ; « La doter de moyens humains, matériels et juridiques nécessaires, y compris les mesures de coercition pour faire respecter les normes d’hygiène et ramener tous les citoyens à une culture de propreté ». Mais aussi, «Lancer une réflexion sur la création d’une unité spécialisée, avec pour mission prioritaire de débarrasser les avenues de Kinshasa des véhicules abandonnés et épaves qui y sont inutilement stationnés ».
C’est clair. Le président ne veut plus de demi-mesures. Un rapport circonstancié est attendu sous sept jours.
Mais derrière ce volontarisme présidentiel se dessine une réalité plus troublante: ces décisions relèvent en principe de la responsabilité directe du gouverneur de Kinshasa. L’intervention du Chef de l’État dans un domaine aussi local sonne comme une critique implicite du laxisme administratif. En imposant lui-même ce cap, Félix Tshisekedi souligne un déficit d’initiative et d’autorité à l’échelle provinciale.
Hugo Robert MABIALA