Arrestation d’Aubin Minaku : la CNDH rappelle l’exigence du respect des droits fondamentaux

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dit suivre avec une attention soutenue les informations relatives à l’arrestation d’Aubin Minaku Ndjalandjoko, figure de l’opposition congolaise et vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

Survenue dans la nuit du 17 au 18 janvier 2026, elle s’inscrit dans un climat politique et sécuritaire marqué par de fortes tensions, suscitant une vive inquiétude au sein de l’opposition, qui y voit un signal préoccupant pour l’espace démocratique en République démocratique du Congo.

Dans son communiqué, la CNDH situe cette affaire dans un contexte national sensible, évoquant « une guerre hybride et persistante menée par le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC dans la partie orientale » du pays, avec ses conséquences sur la souveraineté nationale, la stabilité institutionnelle et les droits fondamentaux des populations civiles.

Dans ce contexte de menaces multiples, la Commission prend acte des efforts déployés par les institutions de l’État pour protéger l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel, mais rappelle que « la liberté individuelle demeure un droit fondamental garanti par la Constitution de la République Démocratique du Congo ». Elle insiste sur le fait que toute arrestation ou détention doit respecter strictement les garanties procédurales et les droits de la défense.

La CNDH souligne par ailleurs que l’existence d’un acte judiciaire constitue un élément distinct de l’appréciation des modalités concrètes de son exécution, lesquelles doivent répondre aux principes de « légalité, de nécessité et de proportionnalité », tels que consacrés par la Constitution et les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par la RDC.

Conformément à son mandat constitutionnel, l’institution précise qu’elle « ne se substitue ni aux juridictions ni aux autorités judiciaires compétentes » et qu’elle ne préjuge pas des procédures en cours. Elle annonce néanmoins qu’un suivi institutionnel est en cours afin d’apprécier, de manière objective, impartiale et indépendante, la conformité des faits rapportés aux normes nationales et internationales relatives aux droits de l’homme.

Osée MABIALA

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts