RDC | Aimé Boji au perchoir? Une ambition légale malgré les remous

« Ce serait une humiliation à l’Union sacrée… », tonne, sur le plateau de Télé 50, le député national Willy Mishiki, visiblement ulcéré à l’idée qu’un ancien ministre puisse prétendre à la présidence de l’Assemblée nationale. « Nous ne sommes pas des moutons de Panurge qu’on amènerait à l’abattoir », poursuit-il dans son envolée.

Mais au-delà de l’émotion, que dit le droit ? Eh bien, il est formel : rien, absolument rien, n’interdit à Aimé Boji, député élu de la circonscription de Walungu dans le Sud-Kivu, de revenir à l’hémicycle après son départ du gouvernement et de briguer le perchoir.

L’article 110 de la Constitution est clair: le mandat parlementaire est suspendu ( non annulé ) en cas d’entrée au gouvernement. Une fois les fonctions ministérielles achevées, le député retrouve son siège de plein droit.

Le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, quant à lui, n’oppose aucune barrière à la candidature d’un député ancien ministre à la présidence de l’institution. La seule exigence: être réinstallé et soutenu politiquement.

Enjeu politique

La République démocratique du Congo se veut un État de droit. Et la politique, faut-il le rappeler, est l’art du possible. Après la déchéance de Vital Kamerhe, une des figures de proue du Sud-Kivu, l’Union sacrée, en quête de stabilité et d’équilibre, aurait tout intérêt à choisir un profil qui conjugue loyauté, expérience et poids géopolitique. En cela, Aimé Boji, tout aussi figure du Sud-Kivu et fin connaisseur des arcanes institutionnelles, ancien ministre d’Etat en charge du Budget et tout récemment ministre de l’Industrie coche bien des cases.

Les frustrations sont compréhensibles, les ambitions légitimes. Mais la légalité, elle, ne vacille pas. Le débat est politique. Et dans ce jeu d’équilibres, Aimé Boji, du haut de ses 57 ans compte.

HRM

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