Le troisième Sommet sur le financement du développement des infrastructures en Afrique s’est ouvert lundi 28 octobre à Luanda, en Angola, sur une note d’urgence et d’ambition. Devant un parterre de chefs d’État, de dirigeants d’institutions financières et de représentants du secteur privé, le président angolais et président en exercice de l’Union africaine, João Manuel Gonçalves Lourenço, a exhorté le continent à transformer les promesses en actions concrètes pour combler son déficit infrastructurel.
« Nous devons passer des paroles aux actes », a lancé João Lourenço dans son discours d’ouverture. Estimant que l’Afrique doit investir entre 130 et 170 milliards de dollars par an pour jeter les bases d’une croissance durable, il a souligné que ce sommet représente « une étape décisive vers la mobilisation des ressources nécessaires pour renforcer la connectivité et l’intégration à travers notre continent ».
Placée sous le thème « Capital, corridor, commerce : investir dans les infrastructures pour la ZLECAf et la prospérité partagée », cette troisième édition du sommet, co-organisée par la Commission de l’Union africaine (CUA) et l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), vise à accélérer la mise en œuvre de projets stratégiques favorisant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un marché unifié de 1,4 milliard d’habitants.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a pour sa part insisté sur la nécessité d’une nouvelle approche de financement centrée sur la souveraineté africaine. « Nous passons d’une logique d’assistance à une logique d’alliance, dans laquelle les partenaires alignent leur engagement sur les priorités définies par l’Afrique elle-même », a-t-il affirmé, ajoutant que « ce que nous construisons ici, ce ne sont pas seulement des routes et des ponts. Nous construisons une Afrique connectée, confiante et souveraine ».
La directrice générale de l’AUDA-NEPAD, Nardos Bekele-Thomas, a rappelé les avancées enregistrées depuis le Sommet de Dakar, citant la levée de 1,5 milliard de dollars pour des projets transfrontaliers à fort impact. « La leçon tirée de Dakar est claire : nous ne pouvons pas traiter le financement comme un marché fragmenté d’accords dispersés. Nous devons le transformer en une stratégie unifiée », a-t-elle déclaré.
Plusieurs engagements concrets ont marqué le rendez-vous de Luanda, notamment la signature de trois protocoles d’accord : un partenariat entre l’AUDA-NEPAD et l’Association africaine de sécurité sociale pour canaliser les fonds de pension africains vers les infrastructures, une dotation de 500 millions de dollars de Qatar Airways pour les énergies renouvelables et la création de l’Angola Export and Trade Facility pour stimuler le commerce régional.
Pour João Lourenço, l’heure est venue pour l’Afrique de financer son propre destin. Le sommet de Luanda, a-t-il affirmé, « doit marquer le point de départ d’une Afrique maîtresse de son développement, déterminée à bâtir un avenir de prospérité partagée ».
Osée MABIALA