Assemblée nationale : la plénière valide la reddition des comptes 2024

Sous la houlette du Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, le Professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musau, la plénière du vendredi 28 novembre 2025 s’est entièrement focalisée sur un exercice central dans la gestion publique : l’examen, puis l’adoption du rapport de la Commission Économique, Financière et Contrôle Budgétaire (ECOFIN-CB) relatif à la reddition des comptes 2024. Un moment attendu, qui permet au Gouvernement d’exposer noir sur blanc l’exécution du budget du pouvoir central, sur base notamment du compte général du Trésor, des extraits du livre de caisse des comptables publics principaux, des états financiers des services bénéficiaires des budgets annexes et comptes spéciaux, ainsi que des rapports des organismes impliqués dans la gestion des ressources internes et externes.

Dans son exposé, le président de la Commission ECOFIN-CB, le député national Guy Mafuta Kabongo, a présenté les chiffres clés d’un exercice 2024 marqué par des efforts visibles dans la mobilisation des recettes autant que par la pression persistante sur les dépenses. Sur des prévisions de 44 410 055 921 911 Fc, les recettes exécutées atteignent 35 514 367 066 272 Fc, soit 79,97 %. Les dépenses, elles, s’élèvent à 35 872 482 971 094,60 Fc, soit 80,78 %, dégageant un déficit de 358 115 904 822,60 Fc. Une photographie qui dit tout : l’administration budgétaire avance, mais non sans tensions.

Le rapport met également en exergue plusieurs dépassements importants, notamment dans les rubriques liées aux équipements et mobiliers, aux matériels de construction et transport, ou encore aux équipements militaires. Certains ministères, Affaires étrangères, Sports et Loisirs, Droits humains, ont consommé largement au-delà des crédits initiaux. À l’opposé, des secteurs essentiels comme la santé, l’agriculture, l’éducation ou quelques lignes d’équipements divers sont restés en-dessous des consommations attendues. Un contraste qui révèle un déséquilibre persistant dans la dynamique d’exécution des ressources publiques.

Face à ce tableau contrasté, la Commission a réaffirmé l’objectif de son rapport : identifier de manière précise les forces et les faiblesses de l’exercice 2024, et contribuer à une planification plus rigoureuse pour les années à venir. Elle a ainsi formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles le renforcement des mécanismes contraignants à la DGI pour sécuriser les imprimés de valeur, la priorité à leur production par l’Hôtel de Monnaie pour la DGRAD, la rationalisation des dépenses de fonctionnement pour les gestionnaires des comptes spéciaux et budgets annexes, ainsi que la demande faite à la Cour des comptes de produire un rapport spécifique sur les responsabilités individuelles dans les cas avérés de mauvaise gestion.

Au terme des échanges, la plénière a tranché : le projet de loi portant reddition des comptes 2024 est adopté par 346 voix pour, un vote contre, zéro abstention. Le texte prend désormais la direction du Sénat pour la suite du processus législatif.

La séance avait été ouverte par plusieurs questions d’actualité introduites par les députés nationaux Serge Khonde, André Mushongo, Albert Kamango et Trésor Mutiki. Elles ont porté sur le drame ayant coûté la vie à une trentaine de creuseurs dans le Lualaba, l’urgence de réhabiliter l’aéroport de Tshikapa, l’insécurité persistante dans l’Est, ainsi que la situation des Congolais en Angola. Autant d’interpellations qui illustrent, une fois encore, l’ampleur des attentes citoyennes face aux défis du moment.

Précieuse PETU

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