RDC : Jean Thierry Monsenepwo soutient la révision constitutionnelle, mais autrement

Changement… révision de la Constitution ou pas ? Le sujet continue de faire couler encre et salive. Ce jeudi 17 octobre, Thierry Monsenepwo entre dans le débat à travers sa 20ème tribune titrée «Verrouillage du débat sur le changement de la constitution, une menace à la volonté du peuple». Loin de se cloitrer dans une lecture manichéenne de ce que représenterait l’initiative de modifier (ou changer) la constitution, Monsenepwo rappelle la part du peuple. Dans un style très épuré et un argumentaire pas moins pertinent, il interpellé la conscience collective sur le droit du peuple d’opérer ses propres choix dans cette démocratie congolaise. «Cette Constitution, œuvre du peuple congolais, fut approuvée par référendum. Cependant, il est primordial de se rappeler que, tout comme elle a été adoptée par la volonté populaire, elle peut également être modifiée ou révisée selon les mêmes principes démocratiques», argue-t-il.

Ce sociétaire de l’Union sacrée fait remarquer aux défenseurs de l’intangibilité de certaines dispositions de la constitution qu’ils omettent souvent une réalité juridique: la théorie de l’acte contraire. «Si un référendum a permis de verrouiller certains articles, un autre référendum peut tout à fait autoriser leur révision ou leur suppression», explique Monsenepwo.

Pour lui, dans une démocratie, aucun débat ne doit être fermé. «Ceux qui s’opposent au débat… prônent une pensée unique et s’érigent en gardiens de la Constitution, refusant à la majorité le droit de remettre en question ou d’évaluer ce texte fondamental», enfonce-t-il.

Si elle ne met pas en exergue les dispositions constitutionnelles à modifier pour répondre aux exigences actuelles (peut-être les garde-t-il pour plus tard), la réflexion de Monsenepwo a au moins le mérite de placer le débat sur une orbite plus noble que celui de la survie de Félix Tshisekedi sur le strapontin présidentiel. «La révision constitutionnelle dépasse la simple figure du Chef de l’État, elle concerne l’avenir de tout un peuple, ses institutions et sa gouvernance. Refuser cette discussion revient à priver le peuple congolais de l’évolution nécessaire pour s’adapter aux exigences d’une gouvernance moderne, démocratique et efficace», avance-t-il, soulignant que ceux qui s’opposent à la révision font «le choix dangereux de réduire toute initiative de changement à une simple caricature liée à la personne du président Félix Tshisekedi, comme s’il s’agissait uniquement d’une question de maintien ou d’affaiblissement de son pouvoir».

Droit dans ses bottes, Jean Thierry Monsenepwo appelle à un débat sérieux et transparent sur la révision de la Constitution. «Ceux qui craignent le débat comprennent que notre volonté de réforme n’est pas motivée par des ambitions personnelles, mais par la nécessité de bâtir un pays plus fort et plus stable pour les générations futures», cogne-t-il.

Quoi qu’il en soit, au lendemain de la première alternance pacifique au sommet de l’Etat, ce débat autour de la révision (ou changement) de la constitution, marquera une étape importante pour cette jeune démocratie, mais aussi dans la culture politique du peuple congolais.

HRM

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