L’accord signé à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le 4 décembre dernier, suscite de nombreuses réactions. Cependant, celle de Marie Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains sous Joseph Kabila et figure de l’opposition politique congolaise, surprend plus d’un par son optimisme… prudent. Pour elle, ce texte marque un tournant décisif vers une coopération régionale renouvelée.
L’ancienne ministre affirme y voir « la redynamisation de la Communauté économique des pays des Grands lacs (CEPGL) basée à Gisenyi ».
Dans un message publié sur son compte X, Mushobekwa souligne que cet accord, soutenu par les États-Unis, pourrait relancer des institutions clés telles que la Banque de Développement des États des Grands lacs (BDEGL) à Goma, la Société Gazière des Grands Lacs (SOCIGAZ) à Gisenyi et la Société Internationale d’Énergie des Grands Lacs (SINELAC) à Bukavu. Elle déclare que cette relance « va conséquemment entraîner la réactivation » de ces entités, avec à la clé « des emplois dignes pour les jeunes de la région des Grands Lacs ».
Plus encore, Marie Ange Mushobekwa insiste sur la portée sociale de cette initiative. « À force de travailler ensemble au quotidien dans toutes ces structures mises en place pour la prospérité commune de leurs pays respectifs, [les jeunes] feront des efforts pour bannir la haine et coexister pacifiquement… dans le respect mutuel », écrit cette figure politique originaire du Sud-Kivu. Elle ajoute avec conviction : « Nous sommes condamnés à vivre ensemble comme voisins ».
Appelant à une mobilisation nationale, l’opposante exhorte les acteurs politiques et sociaux congolais à s’impliquer pleinement : « La classe politique congolaise, la société civile congolaise, ainsi que toutes les confessions religieuses devront maintenant être impliquées par les décideurs congolais ».
Créée en 1976, la CEPGL regroupait la RDC, le Rwanda et le Burundi. Elle visait à promouvoir l’intégration économique, la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. Sa relance pourrait ainsi ouvrir une nouvelle ère de stabilité et de coopération régionale.
HRM