RDC | Crimes contre l’enfance: la CNDH accuse la coalition RDF-AFC-M23

Le dernier rapport de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), publié ce 31 décembre 2025 à Kinshasa, dresse un réquisitoire implacable contre la coalition AFC/M23 soutenue par l’armée rwandaise (RDF). L’institution y établit la responsabilité directe de ces agresseurs dans une stratégie d’occupation dévastatrice ayant conduit à la chute de Goma et de Bukavu. Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée des droits de la femme et de l’enfant, a fustigé cette tragédie en précisant que « les résultats du rapport réalisé par la CNDH sont très inquiétants, avec des milliers de cas de viols d’enfants et des centaines de meurtres impliquant, pour la plupart, des éléments de la coalition RDF-AFC-M23 ».

L’enquête, menée au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, révèle une déshumanisation systématique des plus vulnérables. La CNDH déplore l’usage récurrent de recrutements forcés par bouclages, précisant qu’un décompte exhaustif demeure « impossible à obtenir » tant les jeunes sont massivement acheminés vers les centres d’entraînement de Rumangabo pour une formation militaire contre leur gré.

La commissaire Kapinga a également dénoncé « le bombardement criminel du département de néonatologie de l’hôpital La Charité à Goma, ayant causé la mort de onze nouveau-nés et blessé huit autres enfants ».

Au-delà de ces actes sanglants, le rapport énumère une série de constats alarmants structurant le calvaire quotidien des populations civiles: blocus total de l’aide humanitaire, famine généralisée, criminalité juvénile en hausse, arrestations massives d’enfants dits de la rue, enlèvements, et privation du droit à l’éducation pour des milliers d’élèves.

La situation sécuritaire a également provoqué l’effondrement du cadre juridique et social. L’appareil judiciaire congolais, désormais inopérant dans les zones occupées, a été remplacé par un mécanisme de médiation arbitraire, en violation des normes fondamentales. Les enquêteurs soulignent la rupture tragique des liens familiaux pour les enfants séparés de leurs parents durant l’exode, ainsi que leur expulsion brutale hors des camps de déplacés, les contraignant à errer sans assistance médicale ni abri.

La détresse dépasse désormais les frontières nationales. La Commission signale des conditions alarmantes dans le camp de Musenyi, au Burundi, où les réfugiés congolais subissent viols et abus. Face à ce tableau apocalyptique, Me Gisèle Kapinga insiste sur la nécessité d’une réponse internationale forte, rappelant que l’agression rwandaise demeure « la source première d’une tragédie humaine sans précédent ». Par ce document, la CNDH exhorte les parties prenantes à agir pour que l’enfance congolaise cesse d’être sacrifiée sur l’autel d’une guerre d’occupation.

HRM

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