RDC: Selon Muyaya, Washington et Doha sont des cadres clés pour instaurer la paix à l’Est

La recherche d’une paix durable à l’Est de la République démocratique du Congo continue de s’articuler autour de cadres diplomatiques structurés. À Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a mis en avant les processus de Doha et de Washington comme piliers de la stratégie gouvernementale, lors du premier échange intergénérationnel 2026 organisé par l’ASBL Dialogue Intergénérationnel au Centre Wallonie-Bruxelles.

Intervenant dans un panel consacré à l’analyse des rapports de force régionaux, le Porte-parole du Gouvernement a expliqué que ces deux processus traduisent une volonté claire de sortir durablement de l’impasse sécuritaire. À Doha, une déclaration de principes a été signée, permettant d’identifier huit problématiques majeures, dont le cessez-le-feu et les échanges de prisonniers, présentés comme des avancées initiales vers la désescalade.

À Washington, les discussions ont porté sur une double dynamique : la consolidation d’un cadre régional de paix et la construction d’un partenariat stratégique bilatéral. Patrick Muyaya a insisté sur le respect des lignes rouges de la RDC.
« Dans l’accord de paix, nos lignes rouges ont été respectées. Aucun centimètre carré de notre territoire ne sera cédé », a-t-il déclaré, rappelant que la sécurité reste la condition préalable à toute intégration économique régionale.

Ces initiatives s’inscrivent, selon lui, dans le prolongement de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée après l’échec relatif des mécanismes régionaux. Cette résolution a ouvert la voie à un dialogue encadré, tout en exigeant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, renforçant ainsi la position diplomatique de Kinshasa.

C’est dans ce contexte que, le 18 mars, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a rencontré son homologue rwandais Paul Kagame, sous l’égide de l’Émir du Qatar. Une séquence diplomatique que Patrick Muyaya a présentée comme le résultat d’une pression internationale accrue, soutenue notamment par l’implication du Qatar et du gouvernement américain, ainsi que par des sanctions internationales visant le Rwanda.

Abordant le fond de la crise, le ministre est revenu sur ses racines profondes, évoquant un cycle de violences amorcé depuis le génocide rwandais de 1994. Il a réaffirmé que le différend oppose la RDC non pas au peuple rwandais, mais au régime de Kigali.
« Nous n’avons pas de problème avec le peuple rwandais. Notre différend est avec le régime rwandais, porté par le président Kagame », a-t-il précisé.

Patrick Muyaya a également dénoncé le rôle du Rwanda dans le soutien aux groupes armés, tout en pointant l’existence de complicités internes.
« Le FDLR comme le M23 n’existent que par la volonté du Rwanda, et leurs avancées ne sont possibles que parce que certains Congolais trahissent leur pays », a-t-il affirmé, rejetant par ailleurs toute accusation de discours de haine.

S’adressant à la jeunesse, le Porte-parole du Gouvernement a insisté sur l’importance de l’engagement citoyen et de la compréhension du fonctionnement institutionnel, rappelant que la guerre en cours dépasse les clivages politiques et générationnels.
« Cette guerre d’agression n’est pas faite contre le Président de la République, mais contre tous les congolais », a-t-il souligné.

Patrick Muyaya a également appelé à une mobilisation collective autour des efforts diplomatiques en cours, estimant que la fin du conflit permettrait de rediriger les ressources aujourd’hui consacrées à la guerre vers la santé, l’éducation et le bien-être social. Une perspective qu’il a présentée comme l’enjeu majeur des processus de Doha et de Washington, soutenus désormais par un cadre onusien et une pression internationale accrue.

Osée MABIALA

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