ONU : l’esclavage des Africains enfin reconnu comme « plus grave crime contre l’humanité », malgré l’opposition des États-Unis, d’Israël et de l’Argentine

Le 25 mars 2026 restera gravé comme le jour où l’Afrique a imposé sa vérité au monde. À l’Assemblée générale des Nations Unies, une résolution historique a qualifié la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité ». Cette victoire symbolique révèle aussi les fractures morales de notre époque.

Malgré l’unité africaine, trois nations ont choisi de s’opposer frontalement : les États-Unis, Israël et l’Argentine. Washington, tout en reconnaissant les « horreurs du passé », refuse toute conséquence juridique. Selon sa délégation, il n’existe « aucun droit légal à réparation pour des torts historiques qui n’étaient pas illicites au regard du droit international au moment où ils ont été commis ». Une posture qui revient à légitimer l’innommable sous prétexte de légalité passée.

L’Europe et le confort de l’abstention

L’Union européenne, quant à elle, s’est réfugiée derrière une neutralité de façade. En s’abstenant massivement, les pays européens – dont la France et le Royaume-Uni – ont invoqué des « imprécisions juridiques » pour éviter de s’engager sur la voie des réparations. Derrière ces arguments techniques se cache la crainte d’une application rétroactive du droit, qui les placerait face à leurs responsabilités financières et morales.

Le cri du Secrétaire général

Face à ces blocages, António Guterres a salué la résolution tout en dénonçant « un ordre mondial pervers » où le pouvoir « agissait sans conscience ». Pour lui, les excuses ne suffisent plus : il faut des efforts « bien plus audacieux » afin de transformer les discours en actes concrets.

La question de la hiérarchisation des crimes
Le point de friction majeur réside dans l’accusation de « hiérarchisation des crimes ». L’Occident reproche à l’Afrique de vouloir placer la traite au-dessus d’autres tragédies, notamment la Shoah. Les États-Unis rejettent toute « tentative d’établir une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité ».

Mais la position africaine, portée par le Ghana, est claire : il ne s’agit pas de nier la douleur des autres, mais de reconnaître la spécificité d’un crime qui a duré quatre siècles et dont les séquelles structurent encore l’économie mondiale. Comme l’a rappelé la Guinée, « aucun crime n’a produit des conséquences aussi durables que la traite ». L’argument de la hiérarchisation apparaît dès lors comme un bouclier rhétorique destiné à préserver le monopole occidental sur la mémoire universelle.

Un rempart contre l’oubli

Pour les Africains conscients, cette résolution est un « rempart contre l’oubli ». Malgré les résistances juridiques et les calculs politiques, l’Assemblée générale a affirmé que la dignité africaine ne peut plus être sacrifiée sur l’autel de la diplomatie prudente. Elle constitue une invitation à « affirmer la vérité et tracer la voie vers la guérison et la justice réparatrice ».

Le chemin vers la justice reste long, mais la vérité est désormais inscrite dans le marbre des Nations Unies.

Rémy NSIMBA

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