Face au projet d’accueil en RDC de migrants expulsés des États-Unis, des organisations de la société civile placent leurs exigences au centre du débat, réclamant transparence, légalité et arrêt immédiat du processus, au cœur d’une démarche structurée autour de demandes précises adressées au gouvernement après cette annonce controversée.
Dans un communiqué conjoint signé le 7 avril 2026, entre autres par FILIMBI, CONGOLAIS DEBOUT, le Mouvement citoyen du 24 mars-RDC, EXPRIMONS-NOUS ou encore RES-PUBLICA, plusieurs organisations de la société civile congolaise réclament, en priorité, « la publication immédiate et intégrale du texte de l’accord, avec toutes ses clauses ; y compris les contreparties accordées à la partie américaine ».
Au-delà de la transparence, ces structures exigent également « le renvoi de cet accord devant l’Assemblée Nationale et le Sénat pour examen, débat public et vote conformément à la Constitution ». Pour elles, tout engagement international impliquant le territoire national doit suivre une procédure légale incluant les institutions compétentes.
Dans la foulée, les signataires demandent « l’annulation immédiate de tout transfert de personnes vers le territoire congolais dans le cadre de cet accord ». Elles s’inquiètent notamment de l’absence de garanties concrètes en matière de protection juridique, humanitaire et sécuritaire pour les personnes concernées.
Autre exigence mise en avant : « l’ouverture d’une consultation associant la société civile, le barreau de Kinshasa, le HCR et les experts en droit international avant toute reprise éventuelle du processus ». Une démarche qu’elles jugent indispensable pour encadrer toute décision future.
En toile de fond, ces organisations appellent également le gouvernement à « prioriser ses moyens institutionnels et diplomatiques en faveur de la protection des déplacés internes congolais à l’Est du pays, avant de contracter de nouvelles obligations envers des partenaires étrangers ».
Ce communiqué conjoint, signé par plusieurs mouvements citoyens et organisations congolaises, traduit ainsi une montée de la pression autour d’un dossier sensible, mêlant enjeux migratoires, souveraineté nationale et respect des procédures institutionnelles.
Osée MABIALA