RDC | Réformes constitutionnelles : Pour le CIC, le débat « doit demeurer conforme aux principes démocratiques, à l’État de droit… et à la recherche permanente du consensus national »

Dans un climat politique et social polarisé en République démocratique du Congo, une voix de sagesse tente d’ouvrir une voie médiane. Le week-end dernier, le Conseil Interreligieux Congolais (CIC), dirigé par l’archevêque Dodo Israël Kamba, a rendu public son rapport général à mi-parcours du plaidoyer national qu’il conduit.

Au cœur des discussions actuelles, la réforme constitutionnelle suscite de vifs clivages. Le CIC refuse d’en faire un facteur de rupture. Pour les religieux, ces réformes « s’avèrent concevables si elles visent à renforcer l’efficacité de l’État, la stabilité des institutions et la participation citoyenne ».

Loin d’éluder le sujet, l’équipe de Dodo Kamba adopte une posture pragmatique et républicaine. Elle rappelle que « la question des réformes constitutionnelles ne doit être ni un sujet de division ni un tabou national ». Mais le Conseil insiste sur l’encadrement strict d’une telle démarche : toute réflexion sur les textes fondamentaux « doit demeurer conforme aux principes démocratiques, à l’État de droit, à la souveraineté du peuple et à la recherche permanente du consensus national ».

Pour un dialogue permanent et une commission de réconciliation

Afin de matérialiser cette quête de consensus, le CIC formule des recommandations concrètes axées sur l’apaisement et la justice transitionnelle. Constatant les fractures profondes et les conflits persistants, notamment dans l’Est du pays, le rapport préconise des réponses structurelles. Les auteurs recommandent ainsi « la création, par voie légale et consensuelle, d’une Commission Vérité, Réconciliation et Cohésion Nationale dotée d’un mandat clair, inclusif et crédible ».

Cette commission justice et paix devrait s’accompagner d’un autre pilier essentiel : l’institutionnalisation de l’échange. Le Conseil propose « la mise en place d’un mécanisme de dialogue national permanent sur les questions fondamentales touchant à l’avenir de la République ». Pour le CIC, « le moment est venu pour la République de se doter d’un cadre national capable de favoriser la guérison des mémoires ».

Une dynamique inclusive pour l’avenir de la Nation

Au-delà des cercles politiques traditionnels, le communiqué officiel insiste sur la nécessité d’une large participation populaire. Le CIC exige l’intégration directe de toutes les forces vives de la société, en soulignant « l’implication active des femmes, des jeunes, des communautés locales, des victimes des conflits et de la diaspora congolaise dans ce processus de refondation nationale ».

Enfin, le Conseil lance un appel solennel aux autorités et aux citoyens à « contribuer à l’émergence d’un pacte national fondé sur la vérité, la justice, la réconciliation, la cohésion et le développement ». Une main tendue pour transformer les crises chroniques du pays en véritables opportunités d’avenir.

MATSHI Darnell

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