Le mercredi 25 septembre 2024 pourrait avoir une toute autre signification dans l’évolution de la démocratie congolaise et du deuxième mandat du président Félix Tshisekedi. En effet, le Chef de l’État congolais Félix Tshisekedi, qui est à New York depuis le dimanche dernier, prendra parole, ce mercredi, à la tribune de la 79e Session de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) qui se tient du 22 au 27 septembre sous le thème: «Ne laisser personne de côté: agir ensemble pour la paix, le développement durable et la dignité humaine des générations présentes et futures».
En dehors de l’inéluctable enjeu sécuritaire découlant de l’agression du pays par le Rwanda voisin, Félix Tshisekedi a deux autres batailles importantes pour son mandat à la tête mais aussi pour la RDC. La candidature du pays au siège des membres non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et celle pour un siège au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont les élections auront lieu en octobre.
La voix dissonante de la rue…

Alors que le Président Tshisekedi mène cette lourde bataille diplomatique pour avoir des soutiens qui lui permettraient d’obtenir les deux sièges visés, à Kinshasa, l’Opposition mène une autre bataille au nom de la «dignité humaine des générations présentes et futures» que soutient la 79e session de l’AGNU. Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a appelé la population à un sit-in prévu ce mercredi 25 septembre devant le Palais de la Justice, alors que les manifs sont souvent interdites en ville. Voilà donc une patate chaude pour la Police nationale congolaise qui, dans pareilles circonstances, a souvent tendance à briller par l’usage excèsssif de la force, et ne vend une bonne image du pays en matière de respect des droits de manifestation.
Qu’à cela ne tienne, l’appel du cadre de concertation a été bien reçu et relayé par d’autres poids lourds de l’opposition. «Face à la dérive totalitaire du régime actuel en RDC qui exerce son pouvoir par des violations répétées de la Constitution, des dispositions et procédures légales, j’appelle tous les cadres, militants et sympathisants de Kinshasa à participer massivement au sit-in de ce mercredi 25 septembre ainsi qu’à d’autres manifestations du genre dans le but de défendre les droits et les libertés du peuple congolais contre l’oppression», a lancé, lundi, le président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi. «Notre démocratie est en danger», a-t-il alerté.
Le but du sit-in: «Dénoncer la répression qui s’abat sur les opposants politiques et les acteurs de la Société civile et condamner le déni de justice et la barbarie orchestrées par les autorités publiques sur les citoyens». Claudel Lubaya, Martin Fayulu, Moïse Katumbi,… ou l’Alliance pour le changement de Jean Marc Kabund en veulent pour preuve «L’arrestation et la détention de l’opposant Seth Kikuni depuis le 2 septembre 2024, l’assassinat de Chérubin Okende, la détention de Jean Marc Kabund, Mike Mukebayi, Daniel Safu et des militants Jackson Sinzahera, Gloire Saasita et d’autres».
D’autres écueils…
Les événements meurtriers de la Prison central de Makala, faisant plus d’une centaine de morts, ou même les dernières révélations de l’ancien cadre d’Ensemble pour la République Jacky Ndala est loin d’embellir le tableau des droits de l’Homme en RDC. «J’ai été attaché et sodomisé à l’ANR. Félix Tshisekedi avait exigé de lui transférer la vidéo pour s’assurer de l’exécution de la torture», a relaté la victime, corroborant les propos tenus par une internaute qui se réclamerait proche du pouvoir.
Voilà qui pourrait déranger les efforts de Félix Tshisekedi à New York ! En plus, une publication du site d’infos «Nouveaumedia» renseigne que la Fondation Bill Clinton pour la paix appelle les Nations Unies à rejeter la candidature de la RDC. «Le respect des Droits de l’Homme est un pilier fondamental de la crédibilité de l’ONU», a déclaré le président de cette fondation.
Dans un mémo, l’ancien ministre Lisanga Bonganga soutient que «les acteurs politiques profitent de l’Assemblée générale des Nations Unies pour vilipender, souvent à tort, le pouvoir en place sur des prétendues violations des droits humains».
MATSHI Darnell