RDC : Sauvons la RDC dit non au « dialogue national »de Tshisekedi

Pour qu’un dialogue politique soit crédible, il faut une médiation neutre, un cadre sécurisé et des garanties internationales strictes. C’est la ligne de fermeté fixée par le mouvement d’opposition Sauvons la RDC dans un communiqué publié lundi 31 août. La coalition exige un ordre du jour consensuel, le respect absolu du calendrier électoral de 2028 ainsi qu’une médiation indépendante conduite par le tandem CENCO-ECC. Les signataires affirment que « ces exigences ne sont ni accessoires ni négociables : elles constituent le socle minimal sans lequel tout processus présenté comme un dialogue national ne serait qu’un simulacre ».

Aux yeux de cette coalition, l’initiative du Chef de l’État est viciée. Décortiquant le discours à la Nation du 27 août -où Félix Tshisekedi annonçait un forum consacré à la « paix, la cohésion et la refondation de l’État »-, Sauvons la RDC dénonce une manœuvre unilatérale. Le mouvement fustige un « illusionniste accompli », ironisant sur la soudaine découverte des vertus de la concertation après des mois de refus. « Félix Tshisekedi affirme vouloir dialoguer, mais décide seul avec qui, où, comment, sur quoi et jusqu’où les Congolais seraient autorisés à discuter », martèlent les opposants, assimilant ce projet à une messe politique destinée à un parterre de fidèles.

Au-delà de la joute oratoire, les enjeux touchent au cœur de la stabilité institutionnelle et sécuritaire. L’opposition voit dans cette grand-messe un manège destiné à masquer une crise multidimensionnelle. « La crise que traverse aujourd’hui la République démocratique du Congo n’est ni un simple différend entre politiciens ni une difficulté passagère… Elle est tout à la fois morale, politique, sécuritaire, institutionnelle, économique, sociale, humanitaire et, désormais, sanitaire », souligne Sauvons la RDC.

Sur le plan constitutionnel, l’inquiétude est maximale. Les opposants redoutent que ce dialogue serve de tremplin pour contourner les verrous de la Loi fondamentale. Selon eux, il s’agit d’un « stratagème politique destiné à instrumentaliser les conclusions du forum pour tenter de prolonger indûment les animateurs des institutions… et, à terme, ouvrir la voie à un troisième mandat consécutif ».

Brandissant l’article 64 de la Constitution, le mouvement avertit qu’un monologue imposé contraindra le peuple à reprendre son destin en mains. Refusant d’apporter leur caution à ce qu’ils qualifient de « scénario écrit d’avance », Sauvons la RDC -comme la C64 avant elle- scelle une impasse politique majeure face au pouvoir de Kinshasa.

MATSHI Darnell

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts