Faux, l’article 89 n’évoque pas la révision constitutionnelle!

Dans une interview exclusive accordée à « Journal Afrique » de la chaine française TV5 Monde, ce mercredi 13 novembre 2024, la Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a soutenu l’initiative de la révision de la Constitution lancée par le Président Félix Tshisekedi. «La révision de la Constitution, elle est instituée par l’article 89 de cette même constitution. Donc, ce n’est pas moi qui le dit, ni le Président de la République mais c’est la Constitution elle-même qui le dit», a-t-il lâché, confiante, avec petit sourire. Grosse bourde! Encore. 

L’article sur lequel s’appuie la cheffe du gouvernement congolais n’a absolument rien à voir avec la révision constitutionnelle. Cet article 89 dispose: «Les émoluments et la liste civile du président de la République son fixés par la loi de finances».

Sur internet, un congolais réagit : «On ne peut pas être Cheffe d’une institution qu’est le gouvernement, qui conduit la vie de la nation, et ignorer un article aussi sensible alors que l’actualité parle de revoir ou changer la constitution». Et un autre de s’interroger: «Ce n’est pas logique de soutenir la révision d’une constitution qu’elle n’a visiblement pas bien lue».   

A vrai dire, les véritables articles encadrant la révision de la Constitution se situent entre les articles 218 et 220. L’article 218 précise que «l’initiative de révision de la Constitution appartient concurremment au président de la République, au gouvernement, à chacune des Chambres du Parlement à la majorité absolue de ses membres et au peuple par voie de pétition, signée par au moins 100 000 personnes». L’article 219, quant à lui, interdit également toute révision en période de crise, entre autres, «en période de guerre, d’état d’urgence ou d’état de siège» comme c’est le cas à ce jour. Alors que l’article 220, dispose que «la forme républicaine de l’État, le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle». Beaucoup s’accordent à dire que l’équipe de communication de la première devrait mieux la préparer avant qu’elle ne fasse de sorties médiatique. La dernière en date, devant des journalistes congolais cette fois là, elle avait choqué l’opinion en appelant les enseignants qui réclamaient l’amélioration de leur conditions socioprofessionnelles, à faire preuve de patriotisme.

OM.

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