RDC : À la Tshuapa, le ministre Guy Isembili fait de la jeunesse le moteur d’une agriculture rénovée et souveraine

Face aux enjeux de la dépendance alimentaire, la province de la Tshuapa entend inverser la courbe. À l’occasion du lancement de la campagne agricole 2026-2027, le ministre provincial de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Guy Isembili, a réaffirmé sa volonté de bâtir une véritable souveraineté alimentaire basée sur le renforcement des cultures vivrières. Pour y parvenir, l’exécutif provincial mise sur un changement radical de paradigme : transformer l’image du travail de la terre pour en faire un levier d’attractivité auprès des jeunes.

Au cœur de la stratégie provinciale figure la volonté de séduire une nouvelle génération de producteurs. Dans son discours, le ministre Guy Isembili s’attaque frontalement aux stéréotypes qui entourent encore le secteur agricole, souvent perçu à tort comme une activité pénible et de pure subsistance. Pour le membre du gouvernement provincial, la jeunesse représente la clé de voûte de la modernisation économique de la Tshuapa.

« Ne considérez plus l’agriculture uniquement comme une activité traditionnelle, mais comme un véritable secteur d’entrepreneuriat, d’innovation et de création d’emplois », a déclaré Guy Isembili lors de son allocution, invitant directement les jeunes à prendre les devants.

Selon le ministre, cette transformation passe par une professionnalisation accrue et une prise d’initiative sur toute la chaîne de valeur. « Vous avez la capacité de créer des exploitations agricoles, de développer des coopératives, de produire du cacao, de transformer nos produits locaux et de participer activement à la modernisation de notre économie », a-t-il insisté pour mobiliser la jeunesse locale.

Le développement du cacao doit aller de pair avec la promotion des cultures vivrières…

Si la diversification économique constitue un axe prioritaire, l’exécutif provincial refuse de céder à l’illusion du tout-export. Abordant le développement de la filière cacaoyère, le ministre a fermement mis en garde contre les dérives de la monoculture, soulignant que l’essor d’une culture de rente ne doit pas se faire au détriment de la sécurité nutritionnelle des ménages.
« Le développement du cacao doit aller de pair avec la promotion des cultures vivrières telles que le manioc, le maïs, le riz et les autres produits alimentaires adaptés à notre province », a rappelé le ministre Isembili, recadrant ainsi les priorités de la campagne.

Il a, par ailleurs, précisé que la simple dotation en matériels ou en intrants ne garantissait en rien le succès économique des exploitations. L’efficacité repose, selon lui, sur l’accompagnement et la rigueur dans l’exécution. « Recevoir des plants ne suffit pas : il faut les planter dans des conditions appropriées, les entretenir et bénéficier d’un encadrement technique régulier », a martelé Guy Isembili, exigeant dans la foulée un suivi rigoureux et transparent de la part des services techniques.

Souveraineté alimentaire : l’urgence des cultures de base

Cette approche équilibrée réaffirme le cap central fixé par les autorités : parvenir à une véritable autonomie alimentaire. Dans une région dotée d’un potentiel agronomique exceptionnel, la priorité demeure la production locale destinée à la consommation intérieure afin de limiter le recours aux importations coûteuses.
« Notre priorité demeure de nourrir notre population tout en développant des sources complémentaires de revenus », a affirmé le patron provincial de l’agriculture.

Pour lui, la bataille de la production se joue directement sur le terrain, à travers une discipline collective et une assistance technique renforcée. « L’indépendance alimentaire commence dans nos champs, dans nos villages et dans l’engagement de chaque producteur. Elle exige du travail, de la discipline, un meilleur encadrement technique, l’utilisation de semences de qualité et une mobilisation permanente », a souligné le ministre Guy Isembili.

En repositionnant le métier d’agriculteur comme une opportunité entrepreneuriale d’avenir pour la jeunesse, Guy Isembili pose les fondations d’une ambition porteuse d’espoir. Le succès de cette politique reposera toutefois sur la capacité du gouvernement provincial à surmonter d’importants défis d’exécution : la mise à disposition effective de l’encadrement technique, la transparence dans la distribution des intrants et le désenclavement des zones de production pour acheminer les récoltes vers les marchés.

HRM

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