À l’ouverture de la session ordinaire d’avril du Conseil Economique et Social ce jeudi 2 avril, son président Jean Pierre Kiwakana Kimayala a tiré la sonnette d’alarme sur les pressions croissantes exercées sur l’environnement en République démocratique du Congo, entre urbanisation incontrôlée et exploitation minière.
Dans son adresse, le président du CES met en lumière la gravité des inondations qui frappent désormais plusieurs villes du pays. Loin d’être des événements isolés, celles-ci s’inscrivent dans une dynamique inquiétante. « ces inondations ne sont pas une fatalité. Elles sont un signal alarmant devant nous forcer à changer notre manière de construire, de gérer et de protéger notre environnement », affirme-t-il.
Les conséquences sont lourdes : pertes en vies humaines, quartiers submergés, infrastructures détruites et populations déplacées. Une situation qui, selon Jean Pierre Kiwakana, appelle une remise en question profonde des politiques d’aménagement urbain. « Chaque pluie devient désormais une menace et chaque nuage devient une source d’angoisse pour les populations », alerte-t-il, pointant une combinaison de facteurs aggravants : « ces inondations sont les résultats combinés du changement climatique, de l’urbanisation non contrôlé, du non-respect des normes d’aménagement urbanistique, de l’insuffisance des infrastructures de drainage et de la mauvaise gestion des déchets ainsi que des constructions anarchiques ».
En parallèle, le président du CES attire l’attention sur un autre front tout aussi préoccupant : l’impact environnemental de l’exploitation minière. Dans les zones riches en cuivre et en cobalt, notamment dans l’espace katangais, il déplore la dégradation progressive des écosystèmes. La destruction de vastes étendues forestières, conséquence directe de certaines activités extractives, met en péril l’équilibre écologique et les conditions de vie des communautés locales.
Face à ces dérives, Jean Pierre Kiwakana appelle à une réforme en profondeur de la gouvernance du secteur. « Il est donc urgent de prendre des mesures pour protéger l’environnement et promouvoir un développement durable et écoresponsable en République Démocratique du Congo », plaide-t-il, insistant sur la nécessité d’encadrer davantage les investissements et de renforcer les politiques de protection de la biodiversité.
Au croisement de ces deux problématiques, un même enjeu se dessine : celui d’un développement mieux maîtrisé, capable de concilier croissance économique, expansion urbaine et préservation du capital naturel. Pour le Conseil économique et social, il ne s’agit plus seulement de constater, mais d’agir, en adaptant les modèles de gestion des villes et des ressources aux réalités environnementales actuelles.
À travers cette double alerte, Jean Pierre Kiwakana inscrit la question écologique au cœur des priorités nationales, appelant à une prise de conscience collective face à des phénomènes qui, désormais, ne relèvent plus de l’exception mais d’une tendance de fond.
Osée MABIALA