Le Gouvernement de la République démocratique du Congo est sorti de son silence après la publication d’une étude évoquant la présence de traces d’uranium dans certaines exportations congolaises d’hydroxydes de cobalt. Dans un communiqué publié ce jeudi 6 août, Kinshasa affirme vouloir « rétablir les faits » et annonce une série de mesures destinées à vérifier les allégations tout en préservant la crédibilité de sa chaîne d’approvisionnement minière.
Les autorités expliquent que « la présence naturelle d’uranium dans les gisements cuprifères et cobaltifères des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga est un fait naturel et géologiquement établi », précisant que cette réalité est documentée depuis plus d’un siècle. Le Gouvernement soutient que cette présence « ne constitue, à elle seule, ni une anomalie ni le fruit d’une démarche intentionnelle, ni même une violation de ses engagements internationaux ».
Kinshasa conteste également les conclusions de l’étude scientifique, estimant que « l’analyse de composition minérale de nos produits miniers marchands à l’exportation ne corrobore pas les tendances présentées ». Selon le communiqué, les résultats avancés reposeraient sur une modélisation et non sur des mesures directes effectuées sur les cargaisons exportées, ce qui nécessiterait « une vérification contradictoire ».
Pour répondre à cette controverse, le Gouvernement annonce le lancement d’une vaste campagne de contre-expertise. « Le lancement d’une campagne de vérification analytique contradictoire portant sur un échantillonnage représentatif des exportations d’hydroxyde de cobalt » sera confié à des laboratoires nationaux et internationaux accrédités, avec la participation de plusieurs institutions techniques spécialisées.
En parallèle, les autorités mettent en place « un groupe de travail interministériel chargé de vérifier les allégations, d’établir les faits, d’évaluer les risques sanitaires et environnementaux, et de proposer les mesures appropriées ». Ce groupe devra remettre son rapport dans un délai de soixante jours.
Le Gouvernement annonce également l’ouverture de consultations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin de bénéficier d’un appui technique. Il assure que « les résultats de la démarche seront rendus publics », estimant que « la transparence constitue, en cette matière, le fondement durable de la crédibilité de sa chaîne d’approvisionnement ».
Réaffirmant sa souveraineté sur ses ressources naturelles, Kinshasa insiste enfin sur le fait que « le cobalt congolais continuera à être extrait et exporté dans le respect des normes d’éthiques, environnementales et sécuritaires les plus strictes, selon les standards internationaux établis ».
À travers cette communication, le Gouvernement cherche ainsi à rassurer les partenaires internationaux, les investisseurs et les marchés sur la conformité des exportations minières congolaises, tout en promettant des vérifications scientifiques indépendantes pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Osée MABIALA