Au cœur des débats sur la sécurisation des minerais critiques, la République démocratique du Congo s’impose comme un des terrains stratégiques mais controversés, où l’alliance avec Washington se heurte aux soupçons du Congrès…
Une onde de choc secoue les couloirs du Capitole. Dans un courrier au ton péremptoire daté du 17 août 2026 et adressé aux poids lourds du gouvernement américain -le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le secrétaire au Trésor Scott Bessent-, plus de cinquante parlementaires démocrates exigent des comptes sur la diplomatie minière de l’administration Trump. Au cœur de la tempête : les récents accords d’approvisionnement en minerais critiques conclus avec la République démocratique du Congo. Les élus dénoncent de graves soupçons de financement de milices et de conflits d’intérêts, mettant en cause la légitimité éthique et juridique de cette alliance censée contrer l’hégémonie chinoise sur le cobalt et le cuivre.

Les griefs formulés par les 54 signataires de la Chambre des représentants -menés par Linda T. Sánchez, Jared Huffman et Jonathan L. Jackson- dressent le tableau d’une stratégie d’approvisionnement menée au mépris des prérogatives constitutionnelles du Congrès et des règles environnementales. Le document souligne des risques majeurs de financement indirect de forces paramilitaires opérant dans l’est de la RDC, tout en évoquant des soupçons de favoritisme impliquant des entités privées et des proches de hauts dignitaires américains.

Au cœur de cette charge parlementaire, une question résume l’inquiétude des élus : « Comment l’administration s’assure-t-elle que les projets soutenus en RDC et dans d’autres pays à haut risque ne financent pas des forces paramilitaires, des milices ou des entités sous sanctions américaines ? » Cette interrogation directe vise le dispositif financier et sécuritaire américain de soutien au secteur minier congolais.
L’offensive parlementaire dépasse les frontières de la RDC et dénonce des méthodes de pression diplomatique dans la région. La lettre mentionne notamment des menaces présumées de suspension de l’aide humanitaire et sanitaire en Zambie -pays clé de la ceinture de cuivre- utilisées comme levier pour forcer la signature d’accords commerciaux bilatéraux.
Ces révélations posent aujourd’hui la question de la pérennité du partenariat entre Washington et Kinshasa. Une alliance entachée de soupçons éthiques et d’un déficit de transparence pourrait-elle résister aux pressions du Congrès ? En voulant verrouiller rapidement les chaînes de valeur mondiales face à Pékin, l’administration américaine n’a-t-elle pas fragilisé la stabilité juridique des contrats signés ? Pour la RDC, ce litige interne américain risque de compromettre ce partenariat économique stratégique.
MASTHI Darnell