Une réunion ministérielle de haut niveau entre la République Démocratique du Congo, la République du Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) s’est tenue le 24 juillet 2025 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Objectif : faire avancer le dossier sensible du rapatriement volontaire des réfugiés, dans un contexte régional marqué par des évolutions politiques majeures.
Organisée sur la base des Accords Tripartites du 17 février 2010 et des principes internationaux de protection des réfugiés, cette réunion a permis aux trois parties de réaffirmer leur volonté commune d’« assurer un retour volontaire, sûr, digne et éclairé des réfugiés », qu’ils soient congolais vivant au Rwanda ou rwandais installés en RDC.
La rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche de solutions durables, au lendemain de la signature de deux textes importants : l’Accord de Paix de Washington entre Kinshasa et Kigali, et la Déclaration de principes de Doha entre le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo/M23. Des avancées que les parties ont saluées, en soulignant que « le retour durable des réfugiés est un pilier vital de la paix et de la stabilité, et est essentiel pour faire avancer le relèvement et la reconstruction post-conflit dans la région des Grands Lacs, et en RDC en particulier ».
Parmi les décisions prises figure le lancement du processus de retour de 600 réfugiés rwandais actuellement au centre de transit de Goma. Ce retour se fera, précisent les parties, « avec l’implication des administrations légalement établies de la RDC, sous la coordination du HCR ».
Les participants ont également convenu de renforcer les mécanismes de communication avec les réfugiés, de garantir leur accès à des informations fiables et de « veiller à ce que les retours soient menés conformément aux normes internationales de protection ». La planification de la réintégration doit être inclusive, prenant en compte l’accès au logement, à la santé, à l’éducation et à la documentation civile.
La feuille de route 2025-2026 du Groupe de Travail Technique Tripartite a été adoptée. Elle précise les étapes opérationnelles, les responsabilités des parties, ainsi que les délais de mise en œuvre et les mécanismes de suivi. Un rendez-vous ministériel est d’ores et déjà prévu dans six mois pour évaluer les progrès.
Les trois parties ont exprimé également leur reconnaissance à l’Union Africaine, aux Nations Unies et au gouvernement éthiopien pour leur appui. « Le HCR, en tant qu’acteur neutre, impartial et humanitaire, continuera à jouer son rôle dans la facilitation de ce processus », a été rappelé.
La relance de ce mécanisme tripartite intervient dans un climat de décrispation relative, où les enjeux humanitaires croisent les perspectives de paix durable.
Osée MABIALA