RDC: Le FCC brandit l’article 64 de la Constitution contre Tshisekedi

Ce regroupement cher à Kabila s’indigne «du silence assourdissant du gouvernement sur ces actes de barbarie répétés et de l’absence de toute action répressive à même d’encourager la récidive»

Le Front commun pour le Congo (FCC), regroupement politique cher à l’ex-Président de la République Joseph Kabila, rompt une fois encore son silence. Hier jeudi 29 août, il a publié un long communiqué dans lequel il dénonce avec virulence «la dégradation de la situation sécuritaire et les violations massives et répétées des droits humains» par le pouvoir de Kinshasa.

Le camp Kabila brandit contre le Président Tshisekedi la menace de l’article 64 de la Constitution qui reconnait le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des disposition de la Constitution. «Au regard de la situation qui prévaut aujourd’hui dans notre pays, pour le FCC et pour l’ensemble du peuple congolais, l’activation de l’article 64 de la Constitution de la République, loi suprême qui s’impose à tous, apparaît donc de plus en plus non pas comme une nécessité mais plutôt comme une obligation et un devoir».
Ironie de l’histoire! Il y a encore quelques années, les Congolais vivaient plus ou moins le même scénario, sauf que les protagonistes se sont échangés les rôles.

Que reproche-t-on à Tshisekedi?

Le FCC reproche entre autres à Félix Tshisekedi «la persécution de ses membres, ainsi que des autres opposants». «Plusieurs camarades résistants combattants de la liberté et autres compatriotes de l’Opposition comme de la Société civile engagés contre la dictature ou exprimant tout simplement désenchantements et frustrations face à des promesses de campagne jamais tenues sont enlevés et détenus illégalement pendant des semaines voire des mois par des services prétendument de sécurité, l’ANR et la DEMIAP…», soutient le communiqué qui ajoute: «d’autres camarades sont… portés disparus, obligés de s’exiler ou de vivre en clandestinité… loin de leurs familles».

Le FCC en veut pour exemple, le cas de l’activiste des droits humains Gloria Senga, de l’opposant Franck Diongo, des députés national et provincial honoraires de l’Ensemble pour la République Daniel Safu et Mike Mukebayi, de l’ancien président de la CENI, pasteur Ngoy Mulunda, Kahozi Bin Malisawa, Momo Mulapu, Papy Tamba, Claude Mashala et Pius Romain Roland Ngoy, cadres et communicateurs du FCC,…

Pour cette formation politique, il y a une volonté manifeste d’empêcher l’exercice par les Congolais de leurs libertés fondamentales. Le FCC estime que cela ne constitue pas qu’«un recul regrettable sur le chemin de la démocratie et de l’état de droit, il est aussi et surtout le signe d’un pouvoir intolérant, prédateur,… qui pense compenser son déficit criant de légitimité en muselant tout opposition ou contradiction».

Communauté internationale… tétanisée?

Dans le même communiqué, le FCC évoque plusieurs événement survenus ces derniers jours. Il «condamne avec véhémence les récentes tueries de massacre à Kilwa (Haut Katanga) et à Kolwezi (Lualaba)». Pour le camp Kabila, ces tueries avaient été «planifiées et perpétrées par des éléments d’une branche des forces de défense et de sécurité qui dépendant directement de la Présidence de la République». Le FCC exige de toute urgence une enquête indépendante pour en déterminer les auteurs, co-auteurs et donneurs d’ordre, mais aussi l’organisation d’un procès public et équitable.

Le FCC revient sur «la tuerie des sympathisants de Bakata-Katanga» à Lubumbashi il y a trois ans et sur «celles des adeptes de la secte Wazalendo à Goma» en 2023. Le FCC revient aussi sur l’attaque de la résidence de Joseph Kabila et la violation, il y a quelques jours, d’une résidence de l’ambassade de France et des immunités des diplomates.

«La dernière victime en date de cette culture de violence et d’intimidation instaurée par ou à la faveur des déficiences du pouvoir actuel, a été la basilique Sainte Marie de la commune de Kenya à Lubumbashi qui a été complètement saccagée et dont plusieurs dizaines de fidèles ont été molestés et blessés le dimanche 25 août dernier», lit-on dans le communiqué du FCC.

Ce regroupement cher à Kabila s’indigne «du silence assourdissant du gouvernement sur ces actes de barbarie répétés et de l’absence de toute action répressive à même d’encourager la récidive». Pour le FCC, l’opinion internationale et les diverses composantes de la Communauté internationale sont comme tétanisées. «(Elles) sont jusque-là aphones et sans réaction face aux violations massives des droits humains par le régime en place», renseigne le communiqué. Puis: «Le FCC attire l’attention de l’ONU, de l’UA, de la CEEAC et de la SADC, sur le risque que cette politique fait peser sur la paix et la cohésion nationale, ainsi que sur la paix et sécurité dans la région».

Rappelant son slogan de «ne jamais trahir le Congo», le FCC affirme qu’il ne lésinera sur aucun moyen pour porter devant les instances aussi bien nationales qu’internationales ces faits qui sont de nature à compromettre la paix.

MATSHI Darnell

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