Alea jacta est. Entendez : les dés sont jetés. Vital Kamerhe n’est plus président de l’Assemblée nationale. Ce lundi 22 septembre, il a lu devant la plénière son allocution et sa lettre de démission, officialisant une décision déjà annoncée quelques instants plus tôt lors de la conférence des présidents.
Dans son discours, Kamerhe a lancé un appel pressant à ses collègues parlementaires pour « retrouver le chemin de l’essentiel: conjuguer nos efforts pour répondre aux aspirations du peuple qui nous a mandatés ». Il a insisté: « l’essentiel, c’est aussi de ne pas oublier qu’en ce moment, nos sœurs et nos frères du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri vivent dans l’angoisse et paient le plus lourd tribut d’une guerre injuste qui nous est imposée ». Et d’ajouter: « l’essentiel, enfin, c’est d’être capables de sacrifier une part de nos intérêts présents, au nom de la construction radieuse d’un avenir collectif ».
Face aux tensions suscitées par une pétition controversée visant sa déchéance, Kamerhe a dénoncé une « parenthèse » qui aurait détourné l’attention des véritables enjeux du pays. Il a regretté que « le débat sur la déchéance éventuelle de quelques membres du Bureau ait fini par occulter les véritables défis prioritaires », citant notamment l’unité nationale, la souveraineté, le développement économique et la situation sécuritaire dans l’Est.
Malgré la charge émotionnelle du moment, l’ex-président de l’Assemblée nationale a gardé une posture digne, rappelant: « Mieux que quiconque, porté par la conviction et l’amour de la patrie, j’ai activement œuvré à l’avènement d’une alternance pacifique dans notre pays, en faveur de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’État ». Et d’ajouter, non sans une pointe d’ironie: « Aujourd’hui, je me réjouis de constater que nombreux sont ceux qui nous ont rejoints et ont épousé cette conviction que nous étions si peu à partager en son temps ».
Kamerhe a également tenu à rassurer ses pairs: il n’est animé « ni de colère ni de ressentiment envers qui que ce soit ». « Mon cœur est trop étroit pour s’encombrer de tels fardeaux ». Il a invité les députés à soutenir son successeur et à poursuivre le travail législatif avec rigueur et discipline.
En quittant la présidence de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe ne tourne pas le dos à la République. Il laisse derrière lui un appel vibrant à la responsabilité collective et à la paix, et une empreinte politique marquée par le dialogue, la résilience et l’engagement patriotique.
MATSHI Darnell