Le bilan officiel des morts dues aux événements vécu dans la nuit du 1er au 2 septembre à la prison centrale de Makala, s’est alourdi. Il est passé de 129 à 131 morts, selon les dernières déclarations du gouvernement faite ce mardi 10 septembre 2024.
Deux détenus gravement blessés lors de la répression armée des forces de sécurité ont succombé à leurs blessures.
Le bilan pourrait encore évoluer, plusieurs détenus étant toujours hospitalisés dans des conditions critiques.
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a exprimé sa profonde tristesse lors de son passage sur TV5, rappelant que ce bilan reste provisoire : « Le Président de la République a demandé un rapport complet dans les sept jours».
La tentative d’évasion a semé le chaos à Makala, de nombreux dégâts matériels et des violences graves, notamment des agressions sexuelles, ont été rapportés. L’électricité et l’eau ont été coupées, et plusieurs bâtiments, dont l’infirmerie et les dépôts alimentaires, ont été incendiés. Le gouvernement a rétabli certains services, dont l’approvisionnement en eau, et s’engage à prendre des mesures supplémentaires pour améliorer la situation.
Venir en aide aux victimes des violences sexuelles…
Des enquêtes sont en cours, avec l’implication d’organisations internationales telles que le Bureau conjoint des Nations-Unies pour les droits de l’homme. Le ministre Patrick Muyaya a également indiqué que des sanctions suivront une fois les responsabilités établies. Cependant, des organisations de la société civile contestent déjà les chiffres avancés par le gouvernement. Selon elles, plusieurs détenus auraient trouvé la mort sous les balles des forces de sécurité, mais aussi en raison des tirs de sommation, de la bousculade et de l’étouffement lors des affrontements.
Sur le terrain, la situation reste préoccupante. Les ONG de défense des droits des femmes réclament un accès immédiat à la prison pour venir en aide aux victimes de violences sexuelles, qui n’ont toujours pas reçu les soins nécessaires. En parallèle, un procès en flagrance a été ouvert, avec plusieurs détenus identifiés comme suspects dans les violences ayant accompagné cette tentative d’évasion.
Osée MABIALA