Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a publié un communiqué à la suite de la 1256e réunion ministérielle d’urgence tenue le 28 janvier 2025 sur l’évolution récente de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. Prudente, sinon incapable d’assumer une vérité aujourd’hui connue de tous, ce conseil de l’Union africaine se déclare « gravement préoccupé par l’offensive lancée par le M23 et ses partisans au cours des dernières semaines, s’emparant de Minova, de Sake et de la capitale régionale, Goma ».
Question : pourquoi le fameux conseil se limite-t-il à parler de l’offensive du M23 quand le monde entier sait que l’armée rwandaise, les RDF, participent très activement aux combats aux côtés du M23 ? Ce n’est pas tout. Dans la suite du communiqué, l’Union africaine, particulièrement précautionneuse à l’égard du Rwanda, dit « condamner fermement les attaques odieuses du M23, qui ont fait des morts, des blessés et des déplacés, en particulier des femmes et des enfants ». Plus encore, elle prévient que les responsables de ces attaques devront répondre de leurs actes. Pure verbiage. Comment une organisation qui évite de désigner les vrais responsables des affres pourrait-elle les sanctionner ?
Et pour édulcorer son communiqué, l’Union africaine « exige que le M23, les ADF et les FDLR, ainsi que les autres groupes armés et terroristes opérant dans l’est de la RDC, cessent immédiatement et sans condition leurs attaques, se dissolvent définitivement et déposent les armes ». Puis : « (Elle) appelle au retrait immédiat et sans condition du M23 de Minova, Sake et Goma, et des autres zones occupées de la RDC, ainsi que de tous les autres groupes armés et terroristes étrangers opérant en RDC… et souligne la nécessité de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo ».
Toujours dans le même communiqué, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA déclare condamner sans équivoque tout soutien militaire étranger apporté au M23 et à tout autre groupe armé opérant dans l’est de la RDC. Il exige la cessation immédiate de ce soutien ainsi que le retrait immédiat de toute partie extérieure de l’ensemble du territoire congolais. Et pour contenter le Rwanda, il déclare condamner « le soutien apporté par les forces militaires à des groupes armés spécifiques, en particulier les FDLR, et exige la cessation immédiate de ce soutien ».
Par ailleurs, ce Conseil de l’Union africaine exhorte les signataires de l’accord de cessez-le-feu d’août 2024 et du « Plan harmonisé pour la neutralisation des FDLR et leur désengagement » à mettre en œuvre les accords susmentionnés et à reprendre d’urgence et sans condition le dialogue.
Il est clair que l’Union africaine est embarrassée de condamner clairement le Rwanda, préférant des déclarations prudentes et édulcorées.
MATSHI Darnell