Crise sanitaire à Goma : Violences et afflux massif de blessés aggravent la situation

La situation sanitaire à Goma atteint un seuil critique. Lors de la 31ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres de ce vendredi 7 février, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba Mulamba, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la catastrophe humanitaire qui frappe la ville du Nord-Kivu.

Avec plus de 3 068 blessés recensés dans les hôpitaux au 5 février, le système de santé est au bord de l’effondrement. Le manque criant de personnel soignant et de matériel médical laisse de nombreux patients sans prise en charge, certains étant contraints d’attendre chez eux dans des conditions précaires. Les morgues débordent, et des corps non identifiés jonchent encore certaines rues, notamment près de l’aéroport.

Le surpeuplement et l’insalubrité aggravent le risque sanitaire. 98 cas de choléra ont été confirmés dans plusieurs zones de santé, tandis que 10 nouveaux cas de Mpox s’ajoutent aux inquiétudes des autorités. Les violences basées sur le genre continuent également de sévir, avec 48 cas signalés récemment.

L’attaque et le pillage de plusieurs entrepôts humanitaires les 26 et 27 janvier ont encore détérioré la situation, privant les populations de vivres et de matériel médical. Les déplacés ne sont pas épargnés : à l’exception des sites de Rusayo 1 et 2, plusieurs camps ont été détruits, jetant des milliers de familles dans une précarité extrême.

Face à ce chaos, le ministère de la Santé a lancé une campagne de don de sang du 30 janvier au 7 février, afin de secourir les soldats des FARDC et les civils blessés. Le gouvernement s’emploie également à rendre l’accès aux soins gratuit pour les militaires et leurs familles et met en place un Plan d’action d’urgence pour faire face à l’afflux des blessés de guerre.

Cependant, une lueur d’espoir pointe dans la lutte contre le Mpox : le nombre de cas suspects a baissé, passant de 2 707 à 1 842 en une semaine, signe d’un début d’efficacité des mesures de riposte.

Le Conseil des ministres a pris acte de ce rapport et appelle à une mobilisation générale pour répondre à cette crise sanitaire sans précédent en RDC. Reste à savoir si l’aide internationale suivra rapidement pour éviter que la situation ne dégénère encore plus.

Jordan ANGEMITO

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