L’entrée des militaires du M23 dans la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, quelques jours après l’occupation de la ville de Goma, brise définitivement la sérénité et sème le chaos. Pire encore, la prison centrale de la ville a été vidée de ses pensionnaires, libérant ainsi dans la nature des individus dangereux.
Ce alors que les armes circulent librement dans les rues, à portée des mains de jeunes enfants qui ne savent s’en servir, augmentant le risque d’incidents tragiques.
Pillages et insécurité : Une population en détresse
Désormais livrée à elle-même, la population de Bukavu vit dans la terreur. Des témoins rapportent des scènes de pillages dans plusieurs quartiers. Des commerces sont saccagés, des boutiques forcées et les habitants n’ont d’autre choix que de se terrer chez eux.
« Nous sommes abandonnés. La nuit, on entend des tirs, et la journée, les rues sont envahies par des bandes armées. Même les enfants portent des armes », témoigne un habitant du quartier Nyawera.
Pendant ce temps, la population se retrouve prise entre plusieurs feux : les rebelles, les évadés de prison dans une absence totale d’autorité.
« Nous voulons juste survivre, mais nous ne savons plus à qui faire confiance », confie un commerçant du centre-ville, avec une voix qui tremblote.
Un avenir plus incertain que jamais
Alors que Bukavu plonge dans l’anarchie, beaucoup d’observateurs s’interrogent : « combien de temps la ville pourrait-elle tenir sans intervention ? »
Sans une réaction rapide des autorités congolaises et de la communauté internationale, Bukavu risque de s’enfoncer dans un cycle de violences incontrôlées, mettant en péril la vie de centaines de milliers de personnes.
Pretty Murula