« Les armes ne construiront jamais la paix ». C’est par cette sentence sans appel que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont interpellé, ce 13 mars 2025, toutes les parties prenantes de la crise sécuritaire qui déchire la République Démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué conjoint signé à Luanda, les deux institutions religieuses ont réaffirmé leur conviction : seule une approche holistique, fondée sur le dialogue et l’inclusivité, peut mettre fin à trois décennies de violences dans l’Est du pays. Un plaidoyer poignant, à contre-courant des logiques militaires qui dominent encore le conflit.
S’appuyant sur le passage biblique d’Ésaïe 9,5, les prélats catholiques et protestants ont martelé qu’« il n’existe pas de solution militaire viable et durable » pour mettre fin à un conflit qui ravage l’Est du pays depuis plus de trente ans. « Un véritable consensus national est la clé pour trouver des solutions holistiques et pérennes », ont-ils insisté. Cet appel intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des affrontements entre les Forces Armées de la RDC (FARDC) et le mouvement rebelle M23, exacerbant une crise humanitaire déjà catastrophique.
Les leaders religieux ont également exhorté toutes les parties prenantes à saisir « la main tendue » du président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, médiateur dans ce conflit complexe. Ils les ont appelés à « s’investir sincèrement dans le processus de négociations de paix, dans un esprit constructif et ouvert ». Cet appel s’adresse autant aux autorités congolaises qu’aux groupes armés, les invitant à « réunir urgemment les conditions d’un cessez-le-feu immédiat » afin de soulager les souffrances des populations civiles.
Dans leur communiqué, la CENCO et l’ECC ont salué les efforts déployés par le président angolais, ainsi que ceux du chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur d’un règlement pacifique du conflit. Elles ont également appelé les chefs d’État de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) et de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) à soutenir activement le dialogue en cours.
Enfin, les signataires du texte ont insisté sur la nécessité d’ouvrir des couloirs humanitaires pour venir en aide aux populations sinistrées, tout en appelant les forces vives du pays à s’engager résolument dans la recherche de la paix. Réaffirmant leur engagement pastoral, ils ont promis de continuer à œuvrer pour la paix et le « bien-vivre ensemble » en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Alors que la situation sécuritaire reste alarmante, l’appel des chefs religieux congolais rappelle une évidence : la paix ne peut être imposée par les armes. Elle doit naître du dialogue, de l’inclusivité et d’une volonté politique sincère. Aux acteurs politiques et aux belligérants désormais de prouver qu’ils sont prêts à tourner la page de la violence.
Osée MABIALA