Ce jeudi 20 mars 2025, la Commission d’intégrité et médiation électorales (CIME) a lancé son projet intitulé Initiative interconfessionnelle pour la paix et la réconciliation en République démocratique du Congo. Portée par les Confessions religieuses, cette initiative de la CIME vise à contribuer au retour de la paix et à la consolidation de la cohésion nationale. Elle s’appuie sur une dynamique inclusive et transparente, selon ses promoteurs.
Lors de la cérémonie d’ouverture, l’Archevêque Evariste Ejiba Yamapia, Président de la Plateforme des Confessions religieuses, a souligné la double vocation de ce projet. « D’une part, promouvoir, au sein de nos communautés, la compréhension des concepts de paix, de plaidoyer et de réconciliation, à s’y engager et à les améliorer ; et d’autre part, promouvoir, au niveau des parties aux conflits, la compréhension des intérêts », a-t-il déclaré. Pour lui, cette initiative prépare les Congolaises et les Congolais à privilégier la non-violence.
Un contexte marqué par des défis multiples
Le lancement de ce projet intervient à un moment crucial, alors que le Président de la République et le gouvernement congolais redoublent d’efforts pour renforcer l’unité et la cohésion nationale, notamment dans l’Est du pays, en proie à des conflits persistants. Cependant, des divisions politiques persistent, comme en témoignent les critiques ciblées de certains membres du gouvernement, à l’image de Jean-Pierre Bemba, envers l’ancien président Joseph Kabila.
Malgré ces tensions, une volonté tacite de réconciliation semble émerger parmi les forces en présence. Une dynamique qui rappelle l’avertissement lancé il y a plus de soixante ans par Patrice Emery Lumumba : « Si nous perdions l’unité du pays, c’est l’effondrement de la nation, c’est le retour en arrière… ».
Les défis de la CIME
Dirigée par Idryss Katenga, la CIME se retrouve face à une responsabilité de taille. Les acteurs religieux, souvent perçus comme un dernier rempart, doivent surmonter plusieurs obstacles pour garantir le succès de leur initiative. Parmi ces défis figurent : L’implication c’est-à-dire une mobilisation efficace des forces politiques et sociales est essentielle pour assurer l’adhésion au projet ; Les enjeux politiques avec le risque de marginalisation de cette initiative citoyenne au profit de priorités militaires, diplomatiques ou politiques ; Les contraintes logistiques, exacerbées par l’expansion des zones de conflit ; Le facteur temps. L’urgence d’agir dans des territoires instables contraste avec la lenteur des processus de paix.
Une initiative parmi d’autres
Interrogée sur les liens entre son projet et le « Pacte social pour la paix et le bien vivre ensemble dans la région des Grands Lacs », proposé par la CENCO et l’ECC, la CIME a tenu à marquer sa singularité. « Notre initiative n’a rien à voir avec celle de la CENCO et de l’ECC », a affirmé Idryss Katenga. Il a rappelé l’existence d’autres mécanismes, comme ceux de Nairobi et de Luanda, tout en insistant sur la nécessité de multiplier les efforts.
« Les Congolais doivent rivaliser d’initiatives, d’intelligence et d’efforts pour régler le problème de paix une bonne fois pour toutes », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Ce n’est pas parce que d’autres agissent que nous ne pouvons plus rien faire. L’objectif de la CIME est d’apporter notre contribution».
Alors que la RDC traverse une période critique, l’initiative de la CIME rappelle que la paix ne se construit pas seulement par les armes ou les accords politiques, mais aussi par la mobilisation collective et la volonté de dialogue. Comme l’a si bien dit Nelson Mandela, « La paix n’est pas simplement l’absence de conflit, c’est la création d’un environnement où tous peuvent s’épanouir, quelles que soient leurs différences ». Reste à savoir si cette nouvelle initiative saura incarner cet idéal et rallier toutes les forces vives du pays autour d’un avenir commun.
Hugo Robert MABIALA