Réformes et formation gratuite pour les dépendants des militaires : le ministre Marc Ekila Likombio fait le point

Dans un briefing presse tenu ce mercredi 26 mars 2025 au Studio Maman Angebi de la RTNC, le ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombio, a détaillé les avancées et les défis liés aux réformes sectorielles et à la formation gratuite destinée aux dépendants des militaires et policiers. Entre chiffres ambitieux et restructuration en profondeur, le ministre a insisté sur l’importance de redonner ses lettres de noblesse à la formation professionnelle en RDC.

10 000 bénéficiaires ciblés dans une phase initiale

Le ministre a rappelé que cette initiative s’inscrit dans les instructions du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et de la Première ministre, dans le cadre de la campagne « Congolais Telema » qui a été récemment lancée. « Le chef de l’État a instruit les membres du gouvernement de non seulement s’occuper des conditions de vie des militaires eux-mêmes, mais aussi des dépendants des militaires », a-t-il souligné.

Depuis le 15 février, le ministère a lancé des sessions de formation gratuite, touchant déjà 5 000 apprenants, dont 1 500 réservés aux enfants et aux femmes de militaires. « Nous avons lancé une autre campagne spécifique dédiée essentiellement aux enfants ou aux dépendants des militaires. Ce sera cinq phases de 2 000 bénéficiaires par phase, soit un total de 10 000 enfants militaires qui bénéficieront des sessions gratuites de formation professionnelle », a précisé Marc Ekila Likombio.

Des formations au cœur des camps militaires

L’objectif du gouvernement ne se limite pas à offrir des formations. Il s’agit également d’amener ces opportunités au plus près des bénéficiaires. « Le deuxième prisme de ces sessions de formation gratuite consiste à descendre dans les camps militaires pour identifier des sites de centres à réhabiliter ou à construire », a expliqué le ministre.

Dans un premier temps, 23 camps militaires ont été identifiés à Kinshasa. Trois d’entre eux ont déjà vu le début des travaux : le camp Kabila, le camp Kokolo et le camp Tshatshi. « Kinshasa est considéré comme une phase pilote. Nous allons déployer nos équipes en province », a-t-il ajouté.

Cette approche bénéficie de l’appui du Vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et du Vice-Premier ministre en charge de la Défense. « Ils nous accompagnent et ont instruit tous les responsables des camps militaires ainsi que les services d’éducation civique de collaborer avec nous pour l’identification des centres », a affirmé Marc Ekila Likombio.

Un ministère en pleine refonte

Reconnaissant des dysfonctionnements hérités du passé, le ministre a insisté sur la nécessité de recentrer la mission de son ministère. « J’ai trouvé un ministère qui souffrait d’une malformation congénitale. En neuf mois, nous avons fait ce que nous pouvions pour le recentrer », a-t-il reconnu.

Les réformes entreprises touchent plusieurs aspects, notamment la normalisation des cadres de formation. « Nous avons mis en place un cadre organique en révision, une politique nationale de la formation professionnelle presque finalisée et pris des arrêtés pour organiser les cycles de formation », a-t-il expliqué.

L’un des défis majeurs reste cependant le financement. « Nous allons mettre en place une commission qui va réfléchir à la mobilisation des ressources en identifiant des entités susceptibles de dégager une quotité de leurs revenus pour la formation professionnelle », a-t-il annoncé.

Construire pour l’avenir : 17 instituts et 39 centres en projet

Face aux limites du système actuel, notamment dans le secteur public, le ministère prévoit un ambitieux programme de construction. « Nous devons construire 17 instituts de formation professionnelle et avons sur papier à peu près 39 centres de formation à construire », a précisé le ministre.

L’ambition est d’intégrer les nouvelles technologies et d’adapter la formation aux réalités modernes. « Avec l’intelligence numérique et la digitalisation, nous avons créé les centres professionnels et technologiques », a-t-il ajouté.

Le ministre Ekila Likombio s’est dit déterminé à mettre de l’ordre dans le secteur, soulignant que la formation professionnelle ne doit plus être perçue comme une alternative de récupération, mais comme un levier stratégique pour le développement du pays.

Avec ce vaste programme de réformes et d’investissements, le ministère de la Formation professionnelle entend redéfinir le paysage de l’apprentissage en RDC, avec une attention particulière aux enfants et aux familles des militaires et policiers.

Osée MABIALA

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